Au Brésil, elle attire déjà l’attention du monde entier, mais ce samedi, ce sera encore un peu plus le cas. C’est à 11 heures 03 (heure locale) que la sprinteuse belge Marieke Vervoort entrera en piste, aux Jeux paralympiques de Rio. 

La native de Diest s’alignera en finale du 400 m en chaise roulante, avant de prendre part au 100 m la semaine prochaine. A Rio, elle vise la plus haute marche du podium. Une habitude, pour cette multimédaillée. Il fallait la voir, son emblématique chevelure blonde ébouriffée au vent, arc-boutée sur sa monture futuriste à trois roues, jeter toute son énergie pour remporter la médaille d’or du 100 m des Jeux 2012 à Londres. 

Le surnom qu’elle se donne, "The Beast from Diest" n’était pas usurpé… "Sur mon fauteuil, mes frustrations s’en vont. Le sport est ma raison de vivre", confie-t-elle. Depuis son enfance, elle est atteinte d’une maladie dégénérative incurable, qui lui paralyse les muscles et lui cause de grandes souffrances physiques. La trentenaire évoque d’ailleurs "le côté sombre" de ses médailles d’or . "Je peux souffrir énormément, dormir parfois dix minutes par nuit et tout de même aller chercher l’or dans une course", disait-elle avant les Jeux. 

Mais Wielemie (son autre surnom) mettra un terme à sa carrière à l’issue des Paralympiques. "Je perds souvent conscience pendant les entraînements en raison de la douleur. Mon corps me dit : arrête ça !" Elle assure aussi que "Rio est son dernier souhait". En 2008, l’athlète a mis en ordre ses documents pour une euthanasie. "Si je ne les avais pas eus, je me serais suicidée depuis longtemps." Ces déclarations attisent l’intérêt à Rio. "J’espère que mon cas prouve que l’euthanasie peut assurer la sérénité et même contribuer à prolonger la vie. Et j’espère que cela inspirera d’autres pays à introduire cette législation. Mais pour moi, ce n’est pas encore concret : j’ai encore beaucoup de projets. J’aimerais publier un second bouquin et je rêve d’un musée Wielemie."