Mike Golding, à l'âge de 46 ans, n'a pas fini de marquer l'histoire de la voile de son empreinte. Ayant décidé de tirer sa révérence après son troisième Vendée Globe en 2008, le skipper britannique, actuel champion du monde Imoca et Fico, laissera plus que probablement sa place chez Ecover à un jeune Belge, Peter Laureyssens, jeune Anversois de 32 ans.

A plus d'un an de votre troisième et dernier Vendée Globe, course en solitaire sans escale et sans assistance à travers le monde, pensez-vous déjà à la retraite ?

Non. Il me reste encore deux tours du monde. Dans quelques semaines, je me rendrai à Bilbao pour le départ de la "Velux 5 Oceans" qui est la plus ancienne course autour du monde en solitaire. Elle a lieu tous les quatre ans depuis 1982. En parallèle, je prépare avec Ecover mon bateau pour mon dernier tour du monde qui aura lieu en 2008. Il s'agira de ma troisième participation au Vendée Globe. J'y ai terminé à deux reprises sur la plus mauvaise marche du podium. Je vise bien sûr une victoire à l'occasion de ce septième tour du globe dont mon cinquième en solitaire. Quoi qu'il arrive, je laisserai ma place à l'issue de cette course.

Qui a le plus de potentiel pour vous succéder ?

Sans hésiter, je choisirais Peter Laureyssens. Ce garçon est très intelligent et déterminé. De plus, il est soucieux du moindre détail et volontaire. Il a le potentiel pour réaliser une belle performance un jour sur le Vendée Globe. Mais, à 32 ans, il est urgent qu'il quitte la classe mini pour s'essayer à des 60 pieds. Nous avons beaucoup de points communs lui et moi. Au niveau de nos carrières, nous avons suivi la même courbe ascendante jusqu'à 30 ans. Débuter sur le tard dans des catégories majeures n'est pas un handicap. Son talon d'Achille se situe plus au niveau de sa confiance.

Où en est la Belgique en matière de voile ?

La Belgique est un petit pays avec de petits moyens pour la voile. Toutefois, vos skippers recèlent de beaucoup de talent.

Après le Vendée Globe 2008, que ferez-vous ?

Il est temps que je me consacre plus à ma famille et mon fils de 3 ans et demi, Soren. Je resterai toute ma vie dans le monde de la voile, mais je ne ferai plus de compétitions extrêmes. Je ne veux pas participer à la course de trop car, quand je m'élance d'un port, j'ai toujours comme unique objectif la victoire finale.

Que garderez-vous comme plus beau souvenir de vos nombreuses années passées en pleine mer ?

Sans conteste, ma première place éphémère sur mon dernier Vendée Globe m'a procuré de grandes sensations. Malheureusement, la fin de la course s'est apparentée à une succession de casses. Je souhaite une meilleure carrière encore à Peter (Laureyssens) qui a un grand potentiel. © La Libre Belgique 2006