Quinze ans après son dernier combat officiel, trente-quatre ans après avoir conquis le titre de champion du monde des poids lourds, Mike Tyson est donc remonté sur le ring à l’âge de 54 ans, ce samedi soir, au Staples Center de Los Angeles. Très attendu, son match d’exhibition à huis clos face à une autre ancienne gloire, Roy Jones Jr (51 ans), a débouché sur un nul flatteur pour son opposant.

Son dernier combat professionnel en 2005 s’était soldé par une défaite humiliante contre un inconnu, Kevin McBride. À l’époque, à presque 39 ans, cela faisait déjà longtemps que "Iron Mike" n’était plus vraiment digne de ce surnom. Son accession au sommet aura été météorique. Entre le 6 mars 1985 et le 6 septembre 1986, soit 18 mois à peine, il remporte ses 27 premiers combats professionnels, dont 15 dès le premier round. Lors du 28e, deux rounds suffisent pour terrasser Trevor Berbick et devenir le plus jeune champion du monde de l’histoire dans cette catégorie, à 20 ans et 4 mois.

Né le 30 juin 1966 à Brownsville, le jeune Michael n’échappe pas à la rue mais un entraîneur de boxe, Cus d’Amato, le prend sous son aile. Tyson trouve un père spirituel qui cesse pourtant de l’habiter, quatre ans après sa mort, en 1990, lorsque James Buster Douglas lui inflige son premier KO à Tokyo. "La boxe me désintéressait. Je ne sentais juste plus Cus en moi. Quand Douglas s’est relevé après que je l’ai envoyé au tapis, ça l’a rendu plus fort", explique-t-il.

La chute est brutale. Deux ans plus tard, il est condamné pour viol et fait de la prison jusqu’en 1995. Son retour sur le ring est victorieux, mais ses titres, il les récupère contre de modestes adversaires. Et les reperd en 1996, corrigé par Evander Holyfield annoncé sur le déclin.

La revanche est tragicomique : Tyson mord Holyfield aux oreilles jusqu’au sang, des morceaux échouent sur le ring. Suspendu, il est "l’homme le plus mauvais de la planète".

En 2002, ruiné, Tyson stoppe sa carrière en 2005 sur un bilan de 50 victoires (44 KO) et 6 défaites. La suite est une chute inexorable, marquée par la dépression, la cocaïne, d’autres arrestations. Mais pendant que le Covid-19 sévit, un autre virus finit par le rattraper : celui de la boxe. Le combat ne servira pas cette fois à combler ses dettes, mais à récolter des fonds, "pour aider les sans-abri et ceux qui sont accros". La gloire, la déchéance, la rédemption et le come-back auront donc rythmé la vie "plus grande que nature" de l’ancienne terreur des lourds Mike Tyson.