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Le pilote liégeois Eric Palante, 50 ans, est décédé en course sur le Dakar en Argentine, ont annoncé les organisateurs d'Amaury Sport Organisation vendredi.

Eric Palante, s'est tué jeudi dans la 5e étape Chilecito-Tucuman (Argentine).

"A 08h30 ce (vendredi) matin, alors que l'équipage du camion balai se portait sur la position du motard 122 afin de le récupérer, au km 143 de la spéciale de la 5e étape entre Chilecito et San Miguel de Tucuman, il a découvert le corps sans vie d'Eric Palante, pilote belge de la moto numéro 122", indique un communiqué d'ASO.

Le pilote liégeois portait toujours son casque et était à côté de sa moto dans une position foetale, ont précisé les organisateurs d'ASO à l'Agence Belga.

"Une autopsie devra déterminer les circonstances exactes de son décès. Nous savions qu'il était très fatigué au moment de prendre le départ de l'étape jeudi. Lorsqu'il est tombé, ce devait être à une vitesse très lente parce que le système d'alarme automatique ne s'est pas déclenché, ce qui aurait été le cas dans l'hypothèse d'une chute à haute vitesse.""Les circonstances et les causes du décès sont analysées par le juge Analia Castro de Massucco de Belen, province de Catamarca", ajoute le texte.

"Aucune alerte n'est parvenue auprès des organisateurs. Eric avait été ravitaillé en eau dans l'après-midi", poursuit le communiqué. "La famille du pilote a été prévenue dans la matinée (de vendredi) par l'organisation".

Eric Palante est le 23e concurrent à trouver la mort en 36 éditions du Dakar.

"L'information tant redoutée est tombée. Sa passion et ses ses rêves ont emporté définitivement Eric vers des paysages et des raids sans fin. Notre pensée est maintenant pour Monique, ses enfants, sa famille et tous ses amis. Adieu l'Ami", est le message posté sur son site personnel vendredi après-midi.

Eric Palante (Honda) aurait eu 51 ans le 21 janvier et courait cette année dans la catégorie des "malle-motos" (concurrents sans assistance). Il était parti avec l'ambition de remporter l'épreuve.


La commune de Donceel sous le choc

Domicilié à Jeneffe, dans la commune de Donceel, en province de Liège, depuis au moins une quinzaine d'années, le pilote liégeois Eric Palante laisse une commune anéantie après l'annonce de son décès vendredi.

"On vient d'apprendre la nouvelle de son décès, mais on ne sait pas encore ce qui a provoqué l'accident", a réagi Jean-Luc Boxus, le bourgmestre de Donceel, interrogé par l'Agence BELGA. "Je suis touché en tant que bourgmestre, mais aussi en tant qu'ami. Je m'étais rendu à son dernier souper qu'il avait organisé en vue de récolter des fonds. Je lui avais encore dit de faire attention. Il me disait qu'il était vraiment rodé. Ce n'était pas une tête brûlée, mais bien quelqu'un de réfléchi, qui faisait attention dans son sport. Il avait vraiment le virus. On l'avait reçu, je pense trois fois, à la commune pour le mettre à l'honneur. Eric aura amené beaucoup d'humanité dans son sport. C'est un grand Monsieur du sport qui nous quitte. Un homme qui avait un côté extrêmement convivial et chalheureux. On est atterré par la nouvelle".

Les autorités communales lui rendront hommage, a encore précisé le bourgmestre sans pour autant en préciser les modalités pratiques.


Enseignant de formation, féru de moto et du Dakar

Eric Palante était marié et père de cinq enfants. Né à Vaux-sous-Chèvremont (commune de Chaudfontaine) le 21 janvier 1963, ce professeur d'histoire et de français de formation avait créé une société de nettoyage industriel.

Il avait enfourché sa première moto à 14 ans et rêvait déjà à la célèbre course du désert. Pour s'offrir une Yamaha TY 50, il avait fait la plonge et lavé des voitures. En 1999, Eric Palante découvrait le désert au Maroc, au cours d'un raid entre copains. En 2001, il remettait cela au Sénégal et au Mali, sur des pistes où il a eu l'idée du Dakar. En 2003, il a pris le départ, à Marseille, de son premier Dakar. Il arrivera à Charm-el-Cheick en 69e position.


Pas une première

Eric Palante est le second concurrent belge victime du rallye raid après Michel Sansen décédé en 1994 après une chute lors d'une liaison.

Deux autres Belges figurent sur la liste des victimes de l'épreuve. Mark Delvigne et Michel Lemaire, deux spectateurs, avaient été tués par un camion d'assistance en 2005.

Depuis 1978, seulement sept éditions du Dakar n'ont pas été endeuillées.

Tom Colsoul, "sous le choc"

Tom Colsoul était "sous le choc" à l'annonce vendredi du décès d'Eric Palante au Dakar en Argentine. "Je suis sous le choc. Lorsque j'ai reçu la nouvelle par sms via un journaliste, je l'ai dit à mes coéquipiers, ce fut le silence dans le camion", a expliqué le pilote belge.

"Je voyais Eric trois fois par an. Au départ du Dakar, pendant la journée de repos et à l'arrivée. Il avait du respect pour moi parce que j'ai déjà gagné le Dakar une fois, mais le respect était mutuel. C'était un passionné du Dakar et de sa moto. Il était toujours amical et avait toujours le sourire. C'était un amateur pur sang, mais il était 30 fois plus consciencieux et entraîné que beaucoup ici au bivouac. Je sentais à travers nos discussions son amour pour cette épreuve qu'il attendait toute l'année".

Tom Colsoul s'interrogeait pourtant sur le système de Iritrack. "C'est un système de sécurité qui permet à l'organisation de te suivre à la trace, au centimètre près. Quand un concurrent est arrêté pendant plus de 5 minutes, on peut prendre contact avec le concurrent. Palante a du rester immobile pendant des heures et ils n'ont rien remarqué. Cela me pose question parce que ce n'est pas la première fois que cela arrive."

Charly Gotlib: "C'est un choc"

Charly Gotlib était marqué par le décès d'Eric Palante, "un bon copain", vendredi sur la piste du Dakar en Argentine. Si le motard liégeois, qui a trouvé la mort en course dans le désert de Tucuma, en était à son 11e Dakar, Charly Gotlib dispute lui sa 25e édition.

"J'ai appris la nouvelle par un ami et je ne me sens pas bien. C'est un choc. Je connaissais Eric depuis des années. C'était un copain, un bon ami, et un Dakariste dans le coeur et dans les tripes. C'était un homme joyeux. J'ai parlé encore avec lui il y a quelques jours à Rosario. Plus après, parce que nous avions des parcours différents et que chacun se concentre sur sa course."

Tout comme Tom Colsoul, Charly Gotlib se montrait critique envers la direction de course. "C'est la deuxième fois déjà que le système de l'Iritrack ne fonctionne pas pour un motard. Il est incompréhensible que cela se soit passé dans une étape hier et que ce n'est qu'aujourd'hui que l'on retrouve son corps. Je suis très étonné avec tout ce que l'on nous oblige à faire pour notre sécurité que l'on n'ait pas retrouvé Eric plus tôt. Ce système doit nous protéger, c'est à croire que personne ne tire les leçons. S'il y a un choc, le système d'alerte se déclenche. De même si un concurrent reste plus de 5 minutes immobile, les organisateurs à Paris sont au courant."

"C'était un vrai pilote"

Le directeur du Dakar Etienne Lavigne a fait part vendredi de sa "douleur" et de son "émotion" à la suite de la mort jeudi du motard belge Eric Palante dans la 5e étape Chilecito - Tucuman (Argentine) de la course.

"On est tous très touchés par sa disparition, moi le premier", a déclaré Lavigne au cours d'une brève rencontre avec les journalistes à Salta, ajoutant ne pas cacher "une vraie douleur, une certaine émotion".

Le directeur du Dakar a ajouté n'avoir aucun élément, à ce stade, sur les circonstances, encore inexpliquées, de la mort de Palante.

Il a rappelé que les températures étaient "extrêmes" jeudi sur le parcours de la spéciale et que l'endroit où son corps a été retrouvé était "sableux, avec une petite végétation".

Palante était "un vrai pilote du Dakar, endurci et endurant, un type très bien", a souligné Lavigne.

De nombreuses réactions sur les réseaux sociaux

Sur Twitter, les réactions affluent déjà, pour saluer la mémoire du champion... ou regretter la tenue du rallye Paris-Dakar, une course qui connaît son lot de drames tous les ans, malgré un "déménagement" forcé en Amérique du Sud.