A Munich en 1972, l'Allemagne voulait définitivement tirer un trait sur le souvenir de Berlin 1936. Au béton armé du stade olympique berlinois succédait une toile translucide, originalité d'un stade munichois qui vibre désormais aux exploits de son célèbre Bayern. L'Allemagne avait mis les petits plats dans les grands avec un site olympique étalé sur 300 hectares et sa tour de télévision - avec restaurant panoramique - qui culmine à 298 mètres.

Septembre noir

Tout était donc paré pour la fête mais elle allait être gâchée. Le 5 septembre au petit matin, un commando de huit Palestiniens s'introduit dans le village et prend en otage la délégation israélienne. Deux membres de celle-ci sont abattus au village, certains parviennent à s'enfuir en pyjama mais la plupart sont tenus en respect. Que veulent ces hommes cagoulés et armés? La libération de 200 prisonniers palestiniens détenus en Israël. Le gouvernement de Golda Meir refuse de traiter avec les Fedayins. Le gouvernement allemand propose une somme d'argent illimitée, mais rien n'y fait. Après d'interminables palabres, un avion est affrété pour emmener le commando en Egypte. Sur le bitume de l'aéroport, la police bavaroise, contre l'avis de l'armée, donne l'assaut et c'est le drame: les neuf otages israéliens sont tués, quatre Palestiniens abattus et un policier trouve également la mort dans la fusillade. Un communiqué de presse fuse: «Ce qui vient d'arriver est terrible. Tout a été manqué.»

Les Jeux Olympiques furent suspendus et un hommage à la mémoire des disparus eut lieu dans le stade olympique. Par défi devant le terrorisme, le Comité International Olympique ordonna la poursuite des compétitions après une pause de 34 heures.

Les autres détails de ces Jeux à Munich n'ont pas grand sens par comparaison, il n'en demeure pas moins qu'ils eurent leurs hauts faits.

Incroyable Mark Spitz

Cette année-là l'athlétisme allait être éclipsé par la natation et par un homme en particulier: Mark Spitz. Cet étudiant dentiste de l'Indiana allait réussi l'exploit de remporter sept médailles d'or et de battre sept records du monde...

En 1968 à Mexico, Mark Spitz, trop sûr de lui, avait affirmé qu'il remporterait six médailles. Mais, à part deux titres olympiques en relais, il n'a pas atteint son objectif en individuel, «seulement» troisième sur 100 mètres nage libre, deuxième sur 100 mètres papillon derrière son compatriote Doug Russell (pour la première fois en dix confrontations), et dernier en finale du 200 mètres papillon.

Qu'importe, Spitz était prêt à recommencer aux Jeux olympiques de Munich, quatre ans plus tard. Spitz s'adjugea d'abord une médaille d'or sur 200 mètres papillon, record du monde à l'appui. Au cours de la même soirée, il remporta sa deuxième médaille d'or avec l'équipe américaine de relais 4 x 100 mètres nage libre, là encore record du monde à l'appui.

Le lendemain, Spitz s'imposa sur 200 mètres nage libre, toujours record du monde à l'appui. Deux jours plus tard, il remporta deux médailles d'or supplémentaires, record du monde à la clé dans chaque cas: 100 mètres papillon et relais 4 x 200 mètres nage libre.

Ensuite, dans l'épreuve qui semblait constituer son point faible, à savoir le 100 mètres nage libre, il remporta sa sixième médaille d'or, record du monde à la clé une fois de plus. Enfin, nageant le papillon dans le relais quatre nages, Spitz conquit un dernier titre olympique, toujours record du monde à la clé. Ainsi, en sept épreuves étalées sur huit jours, Spitz a réalisé un véritable grand chelem avec sept titres olympiques assortis de sept records du monde. Mark Spitz est le seul athlète septuple champion olympique la même année, et il est l'un des quatre athlètes ayant remporté neuf médailles d'or aux Jeux olympiques.

En attendant Michaël Phelps?

© La Libre Belgique 2004