Omnisports La championne olympique, outrée par les menaces de ses dirigeants pour une question de sponsoring, revient sur Berlin 2018.

La convention - relative à la réglementation des vêtements officiels et à la renonciation aux droits à l’image - qu’a tentée d’imposer, cette semaine, la Ligue Royale Belge d’Athlétisme aux sélectionnés pour les championnats d’Europe en salle de Glasgow, et la polémique qui s’en est suivie ont été "la goutte d’eau qui a fait déborder le vase". Car elles renvoyaient Nafi Thiam à un très mauvais souvenir s’inscrivant dans le cadre des championnats d’Europe de Berlin l’été dernier. Un incident aux conséquences sportives potentiellement désastreuses et qui a entraîné une grave rupture de confiance entre la championne et sa fédération. Ce vendredi, dans un hôtel de Liège, Nafi a choisi de s’en expliquer lors d’un témoignage édifiant.

Nafi, expliquez-nous ce qu’il s’est passé précisément à Berlin en août dernier ?

"À mon arrivée, j’ai essayé comme à chaque fois les vêtements que je venais de recevoir. Dans mon sac, il y avait deux tops neufs et comme j’ai de bonnes épaules, je tire toujours un peu dessus pour les détendre. L’un d’eux s’est malheureusement déchiré car la qualité, il faut le dire, n’était pas exceptionnelle. J’ai donc entamé la compétition avec un top de l’année précédente, que j’emmène toujours en cas de nécessité, gardant l’autre pour le lendemain."

C’était une tenue des Mondiaux de Londres…

"Oui, et le top ne comportait pas encore le logo du sponsor principal de la LRBA. Puis, après ma troisième épreuve, bien que j’ai croisé plusieurs fois les deux directeurs techniques (NdlR : en fait, Max De Vylder et Stéphanie Noël, les team-leaders) entretemps, c’est curieusement le kiné de l’équipe qui m’a dit : ‘Stéphanie voudrait que tu changes ton top parce que le logo du sponsor ne figure pas sur le tien’. Je ne sais pas à quel moment les responsables s’en sont rendu compte mais je ne comprenais pas qu’on ne m’ait rien dit avant. J’ai donc changé de top pour le 200m et j’ai fait ma course. Une fois à l’hôtel, mes managers, Kim et Helena, m’ont alors dit que la fédération voulait me retirer de la compétition (NdlR : son contrat d’athlète pro aurait aussi été remis en cause au cours d’une réunion à laquelle ont participé, outre De Vylder, les présidents de ligues, Thomas Lefebvre et Eddy De Vogelaer, ainsi que Ludwig Petroons, le directeur général de l’aile flamande de la fédération) ! Moi, j’étais déjà à bout de nerfs après une journée éprouvante et quand on m’a dit ça, en argumentant que le logo n’était pas assez visible pendant le 200m, je n’ai pas compris… Regardez la taille des tops féminins et celle des dossards !"

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"On me voyait comme un paquet de fric"

Nafi souligne que l’aspect commercial ne doit pas primer le bien-être des athlètes.

Pourquoi Nafi Thiam n’a-t-elle pas parlé de cet incident après sa victoire ?

"Je n’aime pas les conflits, je n’avais pas envie de me retrouver au milieu d’un scandale."

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Pas le seul coup de pression de la "fédé"

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