C’est une belle histoire comme seul le sport peut en proposer. Benjamin Gardet, originaire de Crest-Voland, à quelques kilomètres du Mont-Blanc, n’était probablement pas assez fort pour intégrer la prestigieuse équipe de France de ski alpin. Grâce à une magnifique rencontre, il possède la nationalité belge depuis juin.

Désormais intégré à la ‘Fédé’ belge de ski, il devrait décrocher sa place pour aller représenter notre pays aux Jeux olympiques de Sotchi. "J’ai toujours habité au pied des pistes et mon papa est entraîneur au ski-club. J’ai donc grandi dans ce monde…", sourit le jeune homme de 27 ans.

Probablement un peu trop "court" par rapport au meilleur niveau français, Benjamin Gardet a souvent dû se débrouiller pour vivre sa passion. "Vu que je n’entrais pas dans les plans de la Fédé française, je devais opter pour des groupes privés. Cela coûte très cher…"

Il y a 5 ans, Christophe Wanty et sa famille, des entrepreneurs belges, achetaient un chalet dans cette petite station savoyarde. Le début d’une formidable aventure ! "On s’est rencontré par hasard et, au fil de nos discussions, j’ai expliqué mon parcours. Un jour, Christophe m’a demandé : ‘Est-ce que ça t’intéresserait de courir pour la Belgique ?’

Ce qui n’aurait pu rester qu’une promesse de vacances allait vite se transformer en rêve… "Les démarches officielles ont été entamées il y a trois ans. Et la bonne nouvelle est tombée au mois de juin : je suis désormais belge !"

Ce qui, paradoxalement, ouvre des portes au jeune skieur. "Ma nouvelle nationalité me permet d’avoir des places pour les manches du Championnat du monde et du Championnat d’Europe pratiquement quand je le souhaite. Avec la France, c’était impossible !"

Probablement libéré d’un gros poids, ce fameux changement a déjà eu un impact concret sur la carrière de Benjamin Gardet. Au mois d’août, il a participé à sa première compétition en tant que Belge. Et il l’a gagnée ! "C’était au Chili. Je ne pouvais évidemment pas espérer meilleur début. Après, il faut aussi reconnaître que c’était une course d’été dans l’hémisphère Sud et que cela reste donc de la préparation."

Benjamin Gardet doit désormais satisfaire aux exigences du COIB pour décrocher son ticket pour Sotchi. A savoir, faire au moins deux Top 30 dans des manches du Championnat du monde. "Je m’attends à vivre une saison compliquée car j’ai changé de nationalité, d’environnement, d’entraîneur et de matériel. Mais les sensations sont excellentes pour le moment. J’espère vraiment décrocher mon billet pour les JO car j’avoue que je me sens un peu redevable envers la Belgique et la famille Wanty pour tout ce qu’ils ont fait pour moi ces dernières années."

Benjamin Gardet vise une qualification pour les JO en slalom, en géant et, pourquoi pas, en vitesse. Il ne lui reste que quelques mois pour apprendre les paroles de la Brabançonne !