Yelena Isinbayeva a passé plus de temps assise ou couchée à attendre qu'à sauter, ce samedi, en qualifications de la perche. Et pour cause... La Russe a entamé son concours à 4,55 m et, après un essai réussi, elle a pu ranger ses perches. Inutile de monter la barre plus haut, c'est-à-dire à 4,60 m (la hauteur de qualification...), puisque les douze finalistes étaient connues. Les organisateurs durent même repêcher l'Allemande Gadschiew qui avait manqué 4,55 m, mais quand même réussi 4,50 m au premier essai. " Les conditions étaient délicates pour moi parce que j'ai été obligée d'attendre deux heures avant de pouvoir sauter, expliqua Yelena Isinbayeva. Mais je suis très satisfaite de mon saut. La piste d'élan est souple et rapide, ce qui me convient parfaitement. Et puis, le public est fabuleux, sans doute parce qu'il y a trois Allemandes qui disputeront la finale."

Une finale pour laquelle la "Tsarine" est, bien entendu, favorite, elle dont le mot "défaite" ne figure pas dans le vocabulaire. Depuis 2004 et le premier de ses deux titres olympiques, la Russe domine la perche de la tête et des épaules. Double championne du monde, championne d'Europe et détentrice du record du monde à 5,05 m, Isinbayeva a l'habitude d'écœurer toutes ses adversaires. Ces dernières années, seule l'Américaine Jennifer Stuczynski a tenté de contester sa suprématie. Sans succès...

À force de survoler les concours aux quatre coins du monde, d'aligner les performances aux alentours des cinq mètres, Isinbayeva fut, néanmoins, surprise le 24 juillet, à Londres, où elle fut battue par la Polonaise Anna Rogowska. Commentant cette contre-performance, elle lâcha : "Je suis déçue parce que c'est inhabituel pour moi. Je ne sais pas finir deuxième..." La Russe détient pourtant les deux meilleures "perfs" mondiales de l'année (4,83 m et 4,85 m) mais, avec la menace Rogowska, on attend un sursaut d'orgueil.

© La Libre Belgique 2009