La "Dream team" américaine, qui a logiquement concédé face à Porto Rico (73-92), dimanche pour son entrée aux jeux Olympiques d'Athènes, sa première défaite depuis douze ans que des joueurs de NBA défendent ses couleurs aux JO, n'a plus de rêve que son nom.

Les Mondiaux d'Indianapolis en 2002 l'avaient révélé au monde, les jeux Olympiques d'Athènes le confirment: la "Dream team" n'est plus, et ne fait rêver personne. A la mi-temps, avec 22 points d'avance pour Porto Rico, la hiérarchie du terrain était clairement établie.

Et le constat de carence américain est d'autant plus surprenant qu'il ne s'agit pas, avec Porto Rico, d'une équipe de tout premier plan mondial -contrairement à l'Argentine, la Yougoslavie et l'Espagne, bourreaux des Etats-Unis à Indianapolis- mais d'une formation de bon calibre, simplement. "Ces gars jouent au basket comme ce jeu doit être joué, ils +pensent+ le jeu" a admis le co-capitaine américain Allen Iverson.

De bons joueurs de NBA, voire des "All Stars" aguerris comme les Duncan et Iverson, ne font plus perdre leurs moyens à leurs adversaires. Au contraire, puisque les Portoricains ont eu l'intelligence d'appuyer là où ça fait mal: le shoot extérieur. Carlos Arroyo, l'homme du match (24 pts) et accessoirement joueur des Utah Jazz (NBA), a profité à satiété des largesses extérieures américaines, tout comme Eddie Casiano (4/4 à trois points). Les faiblesses entrevues en matches de préparation, notamment lors de la défaite contre l'Italie (78-95), n'ont d'évidence pas été comblées.

Plus étonnante, toutefois, fut la domination portoricaine dans la raquette des Américains. La défense des champions labellisé NBA a en outre paru plus que suspecte. Et quand les erreurs individuelles s'accumulent (22) et que l'adresse fuit (35 %, dont 13 % à trois points)...

Même à -9 pts dans le dernier quart-temps, les joueurs américains ont manqué de caractère, de mordant. Mardi, contre la Grèce, il leur faudra retrouver l'aggressivité dont fait désormais systématiquement preuve leurs adversaires. Dans un contexte hostile, leur tâche sera rude.

Les changements permanents de Larry Brown ne firent rien. La clé n'était pas dans le turnover perpétuel. Les Américains ont visiblement manqué d'une assise forte, qu'aurait pu constituer Iverson et Duncan si le premier s'était montré à la hauteur (36% au shoot). Trois fautes et presque autant de points à la pause (4), c'était faible pour le MVP 2001 (meilleur joueur) de NBA. "Il va falloir aller chercher la réponse au fond de nous-mêmes, déclarait l'entraîneur Larry Brown. On avait pourtant parlé du respect que l'on devait à nos adversaires. J'espère que nous allons réagir en équipe."