Omnisports

Paris mise sur son prestige et ses infrastructures

D. M. (Avec AFP)

Publié le - Mis à jour le

La capitale française fait, depuis dimanche dernier, l'objet de visites de la part de la Commission d'évaluation du Comité International Olympique (CIO), chargée d'examiner le dossier de Paris pour l'organisation des jeux Olympiques d'été 2008. Paris est en effet, avec Toronto, Osaka, Istambul et Pékin, l'une des cinq dernières villes encore en lice pour acceuillir, d'ici sept ans, cette grande fête du sport.

D'ici-là, bien sûr, énormément de travail reste à faire: il s'agit tout d'abord de proposer un projet le plus viable possible à cette Commission d'évaluation, présidée par Hein Verbruggen, qui rendra ensuite en rapport au CIO, la décision finale étant prise le 13 juillet prochain à Moscou.

Afin de ne pas renouveller l'expérience malheureuse de 1986, lorsque la capitale française avait échoué dans l'obtention des Jeux Olympiques de 1992 et avait même été stigmatisée pour son arrogance, les dirigeants du groupement d'intérêt public (GIP) Paris-Ile-de-France ont décidé de mettre en valeur les raisons existantes qui pourraient fortement soutenir sa candidature: à savoir, le prestige dont jouit actuellement la ville ainsi que, bien sûr, le grand nombre d'infrastructures sportives déjà aptes à accueillir des compétitions olympiques.

Le nouveau maire de la capitale, Bertrand Delanoë, s'est très rapidement rallié aux arguments du GIP. «Cette candidature n'est pas seulement celle de Paris, c'est la candidature de tous les Français, a expliqué Delanoë. Paris est l'un des plus beaux écrins que l'on puisse trouver et nous voulons offrir la beauté et la force de Paris au reste du monde. Je suis vraiment confiant de pouvoir convaincre les inspecteurs du CIO car nous portons les valeurs de la culture, des droits de l'homme et de la diversité. Nos valeurs coïncident avec celles de l'olympisme.»

L'autre argument mis en exergue par les responsables français repose bien sûr sur le grand nombres d'infrastructures sportives déjà présentes dans la capitale, comme le Stade de France, Roland-Garros, le Palais omnisport de Bercy ou encore le Stade Charléty. L'intégration des différents sites majeurs au coeur même de la ville permettrait de faciliter les déplacements. Le Stade de France, situé par contre en périphérie, n'est cependant qu'à huit minutes de RER du centre ville. A l'exception de La Rochelle pour la voile, les sites retenus seraient tous situés en Ile-de-France, dans un périmètre de 20 minutes autour du Village olympique. L'éventuel village serait lui basé à 80 pc sur la commune d'Aubervilliers, les 20 pc restants faisant partie de la ville de Saint-Denis, qui abrite notamment le Stade de France. Un village olympique dont le sous-sol devrait au préalable être dépollué.

L'environnement est d'ailleurs l'un des grands chevaux de bataille du comité de candidature de Paris, présidé par Claude Bébéar. Les transports mis en oeuvre lors des Jeux de Paris devraient notamment avoir principalement recours à des énergies non polluantes, alors que le lac du bois de Boulogne, où aurait lieu l'épreuve de natation du triathlon, serait nettoyé au préalalable.

Financièrement parlant, le projet serait naturellement plus que viable. Le Premier Ministre Lionel Jospin a néanmoins encore tenu à le rappeler mercredi soir au différents membres de la Commission d'évaluation. «La raison, c'est d'abord la rigueur financière du projet, a-t-il souligné. Le total des dépenses liées à l'accueil des Jeux à Paris est de 22 milliards de FF (132 milliards de FB), ce qui est raisonnable. Moins du quart de ces dépenses sera, au bout du compte, pris en charge par les collectivités publiques, puisque l'essentiel du financement sera assuré par des partenaires et des entreprises publiques. Ces engagements sont ceux de l'Etat. Ils seront respectés par tous les gouvernements français à venir jusqu'à l'achèvement des Jeux. C'est une règle constante dans notre pays.»

Tout cela, néanmoins, suffira-t-il? La Commission d'évaluation du CIO restera dans la capitale française jusqu'à ce vendredi, et devra rendre son rapport avant le 13 mai prochain. Déjà hôte de l'événement en 1900 et 1924, Paris, encore sous l'euphorie de la dernière coupe du monde, ne manque pas d'arguments sans néanmoins compter, contrairement à Pékin, de point noir au tableau. Sa pricipale tare pourrait en fait provenir... d'Athènes, organisatrice des JO de 2004. En effet, la capitale française, si sélectionnée, offrirait à l'Europe deux Jeux Olympiques consécutifs, chose qui n'est plus arrivée depuis Londres (1948) et Helsinki (1952).

© La Libre Belgique 2001

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci

Immobilier pour vous