ENTRETIEN

Dépourvue de but lucratif, Special Olympics Belgium dispose d'un budget annuel qui avoisine les 55 millions FB, dont les subsides ne constituent qu'une très petite partie. Pour se maintenir, l'association dispose heureusement, outre l'aide du secteur privé, de recettes engendrées par des activités particulières, des tombolas ainsi que les inscriptions des clubs aux Jeux nationaux. Special Olympics a également la chance de bénéficier du concours indispensable de quelque 1500 bénévoles présents chaque année pendant les Jeux. Luc Nera, directeur-adjoint de Special Olympics Belgium, nous a expliqué le mode de fonctionnement de l'organisation.

Vous disiez ne dépendre d'aucune fédération. Entrez-vous dès lors en concurrence avec ces dernières?

Pas vraiment, car dans ce qu'on propose - et particulièrement les jeux nationaux qui sont notre plus grosse activité - il n'y a aucune fédération existante en Belgique qui propose le même genre d'activité. Il y a des structures existantes en Flandre et en Wallonie, mais il s'agit d'activités plus proches des clubs. C'est un terrain sur lequel nous avons peu d'emprise. Nous avons dès lors un bon contact vis-à-vis des fédérations.

Quel est le statut de Special Olympics Belgium? Association sans but lucratif?

Asbl, effectivement.

Disposez-vous dès lors de subsides?

Malheureusement, non, car il s'agit d'une asbl nationale. En tant qu'asbl nationale, on n'a ni accès aux subsides de l'Adeps et du Bloso, les régions donnent certains subsides, mais ça ne correspond plus ou moins qu'à 7 pc du budget de l'asbl.

D'où provient le reste?

Le reste, nous devons dès lors le trouver via l'inscription des personnes aux activités et via les démarches en sponsoring et marketing.

Ce genre de précarité ne remet néanmoins pas en cause votre existence.

Non, heureusement. Financièrement, nous travaillons non pas sur l'année en cours, mais sur l'année suivante, ce qui nous laisse une marge de manoeuvre qui n'est pas confortable - elle n'est jamais assez confortable - mais qui nous permet d'avoir une stabilité dans ce qu'on propose.

Avez-vous déjà envisagé de vous fédéraliser?

Oui, nous nous sommes déjà posé la question faut-il avoir une aile francophone et flamande afin d'avoir accès aux subsides Adeps et Bloso?. Il s'est avéré que les subsides qu'on aurait pu espérer en faisant ce genre de démarche ne vaudraient pas la chandelle vu les complications administratives et la complication au niveau comptable, etc. que nous connaîtrions en nous scindant.

Disposez-vous du soutien de Special Olympics International?

Non, eux ne donnent pas un franc au programme. Par contre, nous devons leur donner de l'argent pour pouvoir faire partie du mouvement international...

© La Libre Belgique 2001