En s’imposant 113-107 mercredi soir a East Rutherford (New Jersey) face aux New Jersey Nets lors du match 4 de la finale du championnat professionnel nord-américain de basket-ball (NBA), les Los Angeles Lakers et leur coach Phil Jackson sont definitivement entrés dans l’histoire de leur sport.

Bien qu’il soient, derrière les Boston Celtics (16 titres), le club au palmarès le plus fourni de la NBA (5 titres à Minneapolis, 9 à Los Angeles), jamais encore les Lakers n’étaient parvenus a conquérir trois trophées consécutifs depuis leur installation en Californie en 1960.

C’est désormais chose faite, et de quelle manière, face à une équipe des Nets qui n’a pas pu contenir Shaquille O’Neal et s’est fait laminer dans cette finale (4 victoires à 0 pour les Californiens).

Ce succès consacre définitivement l’entraîneur Phil Jackson, dont c’est le troisieme «three-peat » (trois titres consécutifs), celui de 2000, 01, 02 avec les Lakers venant après les deux enregistrés avec les Chicago Bulls (1991, 92, 93 puis 1996, 97, 98). Avec neuf titres à son actif, série en cours, le «maitre Zen » rejoint le légendaire coach des Boston Celtics, Red Auerbach (9 titres également), au Panthéon du basket-ball nord-américain.

Au passage, Jackson -qui reste sur 24 séries de play-off remportées d’affilée - a dépassé Pat Riley (Lakers, puis New York, puis Miami) au nombre de victoires en matches de play-off: 156 contre 155 avec, de surcroit, un pourcentage de victoires éloquent: 73,3 % (156 victoires contre 54 défaites).

Shaquille O’Neal au sommet

Ce troisième titre en trois ans permet également à Shaquille O’Neal d’affirmer un peu plus sa domination dans une Ligue où son talent ne souffre plus désormais la moindre contestation. Apres un début de phase finale poussif (24 pts de moyenne) dû en partie à un orteil arthritique, le géant (2,16 m, 143 kg) des Lakers a littéralement porté son équipe sur ses épaules en finale de Conférence face à Sacramento, puis en finale face aux Nets.

New Jersey se trouvant fort démuni à l’intérieur, O’Neal a pesé de tout son poids dans cette finale (36,2 pts et 12,5 rebonds de moyenne), au point qu’il a, de l’avis de beaucoup, dépassé en stature les pourtant illustres Wilt Chamberlain et Kareem Abdul-Jabbar, les deux autres pivots mythiques des Lakers. Bien épaulé mercredi par un Kobe Bryant efficace (25 pts, 6 rebonds, 8 passes), il a été désigné meilleur joueur (MVP) de cette finale 2002.

En chemin, «Shaq » a également effacé le souvenir de la finale NBA 1995 quand son équipe d’alors, Orlando Magic, avait été balayée 4 victoires à 0 par les Houston Rockets d’Hakeem Olajuwon. «Ce soir-la, j’en ai pleuré » a-t-il rappelé mardi lors d’une conférence de presse. Cette fois, ce sont ses adversaires qui font grise mine alors qu’O’Neal a pu savourer son troisième titre à quelques encablures seulement du quartier de l’Etat du New Jersey qui l’a vu naître il y a 30 ans (il est né le 6 mars 1972 a Newark).

Ce match 4 de la finale 2002 a été d’un bon niveau avec, d’un côté, une équipe de New Jersey ne voulant pas abdiquer, et de l’autre une formation des Lakers sûre de son fait. Emmenés par un Kenyon Martin très motivé (35 pts, 11 rebonds), les Nets ont mené à plusieurs reprises dans cette partie, y compris dans le dernier quart-temps.

En pure perte car, mercredi soir, les Lakers ont bénéficié d’une insolente réussite aux tirs à trois points (11/19 soit 57,9 %), leur instinct de tueurs faisant, une nouvelle fois, la décision au moment de l’emballage final.