ENTRETIEN

Pour la première fois dans l'histoire du sport équestre belge, un de nos compatriotes, en l'occurrence Ludo Philippaerts, trône au second rang mondial en saut d'obstacles, entraînant dans son sillage plusieurs cavaliers belges auteurs d'excellents résultats cette saison.

Nous l'avons interrogé à la veille du Jumping de Liège, le grand rendez-vous francophone en la matière, dont il sera la tête d'affiche.

A 38 ans, vous figurez deuxième au classement mondial, soit 15 ans après vos débuts sur la scène internationale. Quelle est la recette pour atteindre le gratin?

C'est vrai que je réalise une saison fabuleuse. Je dispose à présent de pas mal d'expérience. Je sais par exemple exactement ce que je dois faire avec les chevaux. Le plus important, c'est de les programmer pour qu'ils soient à leur meilleure forme au bon moment. J'ai une dizaine de chevaux dont s'occupent deux grooms. En outre, j'ai un cavalier qui monte les chevaux restés à la maison quand je suis éloigné par les compétitions.

Le succès d'un cavalier repose notamment sur les qualités de sa monture. De ce côté-là, vous êtes gâté cette année.

Assurément puisque je dispose de deux vrais bons chevaux de Grand Prix. Pour la première fois, leur propriétaire veut les garder pour moi et refuse donc de les vendre. La situation actuelle en Belgique est meilleure qu'avant dans la mesure où les investisseurs sont à nouveau plus nombreux.

On constate ainsi que la famille équestre s'élargit par le haut, notamment grâce à votre rôle de locomotive; c'est aussi vrai au niveau de la base?

Je crois bien en effet; j'observe avec plaisir que les bons résultats s'engrangent partout, des cavaliers professionnels aux jeunes. Le succès des uns motive les autres. C'est dommage toutefois - mais des efforts sont entrepris - que la Belgique compte si peu de compétitions car c'est là que l'on prépare chevaux et cavaliers. La route du succès est longue; il faut déjà tomber sur les bons chevaux. Mais pour un jeune, il importe avant tout de commencer par la base: le dressage.

Vous serez à Liège ce week-end avec l'un de vos meilleurs chevaux. Qu'est-ce que cette manifestation représente pour vous?

C'est un très bon concours et comme à chaque fois que je concours en Belgique, je suis très motivé. Il faut aussi savoir qu'il compte pour le classement mondial à défaut de constituer une manche de la coupe du monde. Mais j'espère qu'il montera de niveau pour devenir avec Malines une 2e épreuve belge mondiale.

© La Libre Belgique 2001