La violence sexuelle est plus tolérée dans les milieux sportifs que dans la vie quotidienne.

Greg Décamps, professeur de psychologie à l’Université de Bordeaux, a récemment dirigé une recherche nationale auprès de plus de 1 300 sportifs.

L’enquête permet d’estimer l’ampleur du phénomène entre 11 et 17 % des sportifs. "De nombreux sportifs belges ont subi ce genre de violence. Selon nos recherches, cela concernerait plus de 10 % des sportifs et davantage les filles que les garçons. Le problème, c’est que la sexualité est taboue dans le sport. Il faut être fort, viril. On sait des choses mais on n’en parle pas", explique Philippe Godin, psychologue du sport et auteur d’une recherche sur le même thème.

Autre facteur explicatif, le caractère macho entretenu par le sport. "C’est avant tout pratiqué par des hommes. Quand il y a abus, ça provient souvent des mecs. Vu que c’est un milieu quasi exclusivement masculin, les filles ne savent parfois pas vers qui se tourner. J’ai vu une étudiante qui dénonçait le comportement de son coach mais l’UCL a fermé les yeux et ses parents ont préféré ne pas porter plainte. Pourquoi ? Par peur du regard des autres et des conséquences. C’’est cette omerta et cette surprotection des hommes qui est un frein aux dénonciations dans le milieu."

Selon lui, les entraîneurs jouissent de trop de libertés et les faits de ce genre sont banalisés et considérés "comme pas si graves".

Philippe Godin propose certaines mesures. "Il faudrait nommer dans chaque club un référent qui puisse faire le lien entre les enfants et les instances. Ce serait une personne spécialisée en psychologie de l’enfant, de près ou de loin, et pourquoi pas un des parents mais pas une personne du club. Il faut que la personne soit neutre. Le but ? Faire diminuer le risque de tentation de la part des adultes. Une forme d’observation préventive rassurerait également les enfants, dans l’idée où le référent serait clairement identifié."