C’est une décision devenue polémique. La fédération nationale de natation, coupole qui chapeaute le water-polo, va supprimer les équipes mixtes au niveau national dans les catégories d’âges entre 12 et 17 ans. Les pétitions circulent déjà; surtout en Flandre où le sport aquatique est plus populaire chez les filles qu’en Wallonie.

Ethias met le feu aux poudres

A l’origine de cette action se trouve un mail d’Ethias envoyé à la Fédération francophone belge de natation (FFBN) le 26 janvier dernier. Celui-ci stipule que l’assureur n’interviendra pas en cas de dommages d’ordre sexuel. "Sans couverture d’assurance nous devions prendre cette décision, argumente Michel Louwagie, président de la Fédération nationale de natation. Le water-polo est un sport physique qui se joue beaucoup sous l’eau. Les contacts sont légions. Et sans assurance, on ne peut prendre aucun risque", explique le président qui rappelle que la fédération internationale (LEN) n’organise pas de compétitions mixtes chez les jeunes.

Conséquence directe de cette décision, les jeunes filles jouant chez les garçons par manque d’effectif, risquent de se retrouver sans équipe; les plus jeunes joueuses n’étant pas encore assez fortes pour jouer chez les seniores. "Imaginez une fille de 14 ans pour 40 kilos qui se retrouve chez les adultes faisant parfois deux fois son poids, ce n’est pas concevable", relève Tara Sarno, entraîneur des U11 de l’entente des nageurs louviérois et joueuse dans l’équipe féminine de La Louvière. "J’ai moi-même joué avec les garçons il y a quelques années et j’ai toujours constaté qu’il y avait un respect mutuel. Je ne dis pas que ça ne peut pas arriver. Mais si les filles ne peuvent plus jouer à cause de cet argument, interdira-t-on bientôt aux homosexuels de jouer ? Ça ne va pas."

Un cri à la discrimination

Suite à cette affaire, Elke Sleurs, la secrétaire d’État à l’Egalité des chances (N-VA) a ordonné une enquête pour savoir si l’acte violait la législation anti-discrimination. A cela Michel Louwagie, qui a pratiqué six ans le sport rugueux, répond : "On voit qu’elle n’a jamais joué au water-polo, elle ne comprend pas les risques à encourir. C’est dangereux, est-ce que les femmes affrontent les hommes en boxe ?"

Car outre les contacts intimes entre deux personnes de sexe différent, c’est surtout l’argumentaire de la dangerosité qui est mis en avant par le Brugeois. "Actuellement, c’est encore trop tôt, mais on va essayer de plancher sur un projet qui réunirait les différentes catégories d’âge. Pourquoi pas voir des équipes qui rassembleraient des filles de 12 à 14 ans et de 15 à 17 ans. On va y réfléchir, promet-il. Maintenant, si Ethias change son fusil d’épaule, cela pourrait évidemment tout modifier…" Affaire à suivre donc