Le recordman du monde du 100m, Asafa Powell, fut l'un des premiers à féliciter le nouveau champion du monde du 100m, Justin Gatlin. Forfait en raison d'une blessure aux adducteurs, le Jamaïcain a suivi la finale depuis la tribune située derrière la ligne de départ. «Malgré un temps de réaction moyen, Justin a signé un excellent chrono grâce à son accélération à mi-course, commenta Powell. Ceci dit, si j'avais été dans la course, j'aurais gagné! Pourquoi? Mais parce que j'ai confiance en moi...»

Il ne manque pas de culot, lui qui a dû se contenter d'une cinquième place, l'an dernier, à Athènes, après avoir déjà été disqualifié pour faux départ, il y a deux ans, à Paris.

En attendant, Justin Gatlin s'est inscrit dans la lignée des sprinters d'exception, dimanche, infligeant à ses adversaires le plus gros écart de l'histoire des finales mondiales. A 23 ans, l'Américain de New York a, en tout cas, ajouté une nouvelle ligne à son palmarès, après celle de l'an dernier, à Athènes.

Reste maintenant le record du monde! Et là, Gatlin, qui s'entraîne avec Trevor Graham, l'ancien coach de Marion Jones à la base du scandale Balco, est formel. Ce record, il le veut! «Mais avant, je pense pouvoir encore décrocher deux médailles ici, à Helsinki, sur 200 et sur 4x100m, précise-t-il. Vous savez, pour laisser une trace dans l'histoire, il faut remporter des titres car les records, eux, sont là pour être battus. Ce qui ne signifie pas que je ne suis pas intéressé par le chrono...» Et les ambitions chronométriques du bonhomme s'affichent à... 9.75.

Curieuse manière de courir que celle de Gatlin, qui, la tête vers le bas, pousse pendant quarante mètres avant de se relever et de... s'envoler. Tout le contraire d'un gars comme Kim Collins, champion du monde en 2003 à Paris, encore troisième à Helsinki. «Je voulais la médaille d'or! Mais, dans la vie, vous n'obtenez pas toujours ce que vous voulez. Ceci dit, je suis heureux avec le bronze.»

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