En l’absence du chat de Cul-des-Sarts, lauréat des trois dernières éditions de Boucles réunissant 300 voitures anciennes, une dizaine de souris prétend à sa succession. Il va y avoir de la bataille du côté de Bastogne les 20 et 21 février avec deux étapes au programme dont une exclusivement de terre, une première en Belgique.

Très attendue par près de 600 pilotes et copilotes, la 58e édition des Boucles, la onzième déjà en version Legend, a été présentée ce matin à Bastogne. Et même si Duval et les mousquetaires brilleront par leur absence, la lutte pour la victoire et le podium s’annonce très ouverte dans la catégorie Legend où la FIA a imposé que la moyenne reste fixée à 80 km/h

Sur le papier, ils sont au moins une dizaine à pouvoir prétendre à la succession du garagiste de Cul-des-Sarts.

Cinq Escort pour la victoire

On citera tout d’abord celui qui a pris sa place dans le baquet de sa Ford Escort BDA Gr.4, Cédric Cherain.

« Je suis déjà passé deux fois très près de la victoire avec l’Opel et cette fois je veux gagner, » confie le dernier vainqueur du Condroz.

Mais le Liégeois n’aura certainement pas la partie aussi facile qu’en bord de Meuse. Il devra tout d’abord compter sur deux Escort du même niveau de préparation. Avec tout d’abord celle de son équipier d’un week-end Renaud Verreydt, de retour pour le plus grand plaisir de tous avec à ses côtés Jean-François Elst avec qui il a remporté son troisième et dernier succès aux Boucles. «C’est un rêve pour moi de piloter une vraie Escort Gr.4, je suis sûr que je vais vite pouvoir la faire aller, » confie le poète de Nandrin.

Le retour du « Pilote mystère »

Pas besoin de mode d’emploi pour le « Pilote Mystère » (son identité sera dévoilée à la veille de l’épreuve) que l’on retrouvera aux commandes de la nouvelle version MY Vintage de l’Escort, une autre combinaison pour jouer devant assurément.

Enfin, toujours du côté des « Fordistes », n’oublions pas les MKI très bien pilotées de deux autres anciens lauréats, Marc Timmers et Stouf.

Bouvy, Martin père et fils et D’Ambrosio…

Parmi les clients de la marque à l’ovale bleu candidats à un bon résultat, on note encore deux Britanniques aussi rapides que spectaculaires : Tim Pearcey (déjà présent en 2015) et Paul Griffith, un habitué du RAC sur le podium duquel il a déjà terminé. Ces deux-là comptent sur la terre dominicale pour se mettre en évidence.

On retrouvera aussi des noms bien connus comme le touche-à-tout Fred Bouvy, le vice-champion de Belgique des rallyes Guillaume Dilley, Ghislain de Mevius, notre pilote de DTM Maxime Martin, le revenant Arnaud Clause, Geoffrey Leyon, Delhez, le général Julien Elleboudt avec une originale déco camouflage bien de circonstance ou notre ex-pilote de F1 reconverti à l’électrique Jérôme D’Ambrosio qui découvrira à cette occasion la discipline.

Munster emmène une meute de 911

Face aux Ford, une seule Porsche est clairement candidate à la première place : la 911 BMA pilotée par le patron « himself » alias Bernard Munster, encore un ancien vainqueur des Boucles. Mais plusieurs « outsiders » visent un Top 5 voire mieux aux commandes d’une machine de Zuffenhausen : On pense au directeur de Citroën Racing Yves Matton (toujours épaulé par Daniel Elena), à François De Spa ou au Britannique Richard Lepley. Le quadruple vainqueur des 24H de Spa Jean-Michel Martin, Edouard Mondron (remplaçant son papa JP), ou le Luxembourgeois Aly Kridel (fils de l’ancien champion déjà vu en Escort aux Boucles dans les années 80) feront également déraper des 911.

De Mevius et l’attraction Nissan 240 RS GR.B

Mais revenons maintenant aux prétendants à la première marche du podium avec face à un quintet d’Escort et une Porsche, l’une des principales attractions de cette édition : la Nissan 240 RS Gr.B de Grégoire de Mevius. Nul doute que le déjà triple lauréat de notre rallye saura allier show et efficacité. « Je suis très heureux de pouvoir enfin aligner cette auto qui rappellera aux anciens la belle époque de Tony Pond, » raconte le Namurois assisté d’André Leyh.

Il ne faudra pas oublier non plus la Lancia Beta Monte-Carlo de l’inusable Jean-Pierre Van de Wauwer, toujours bien placé, mais aussi sur Freddy Loix aux commandes de l’Opel Ascona imposée par Stefan Prinzie au dernier Condroz Historic.

Thiry en Datsun, Lefebvre en Visa

Enfin, on ne peut clôturer l’inventaire des principaux favoris sans citer deux voitures alignées par MY Vintage : la très originale Datsun Violet Gr.2 de Bruno Thiry aux couleurs arborées jadis par le regretté Jean-Louis Dumont et la Citroën Visa 1000 Pistes Gr.B de la seule vedette étrangère de cette édition, l’espoir français Stéphane Lefebvre. Ce dernier devra sans doute attendre la terre ou… la neige afin de pouvoir tirer avantage de sa traction intégrale.

Ce sera également le cas pour les grosses Audi Quattro WRT de François Verbist ou MI du régional Luc Caprasse.

Côté voitures uniques on notera encore le retour de la très jolie R5 Turbo du Français Paul Chieusse, la première apparition chez nous de la Toyota Celica Twin Cam de Didier Potvin, une Triumph TR7 pour le Néerlandais Mark Schmidt ou l’Alfa GTV6 du Luxembourgeois Dimitri Van Hove.

Enfin, plusieurs pilotes d’Opel comme Romuald Thirion, le Néerlandais Maurice Bergsteyn (toujours aux avant-postes) ou le journaliste de la RTBF Gérald Wéry au volant de la Transeurope ex-Cherain peuvent encore espérer un Top 15. Ce sera un peu plus difficile pour les meilleurs représentants de BMW parmi lesquels on retrouve l’ex-champion de Belgique Hubert Deferm (323i) ou l’ex-champion de rallycross et pilote Belcar Guino Kenis sur sa 2002.

La terre dominicale sans doute décisive

Voilà pour la revue des troupes qui en découdront sur 18 RT totalisant plus de 200 km les samedi 20 et 21 février dans la région de Bastogne. Avec une douzaine de chronos (dont la moitié sont neufs) au programme de la première étape du samedi et un copieux plat de résistance lors de l’étape dominicale avec 6 RT secrètes et 56 km de terre promise, une première en Belgique.

« Un parcours de niveau mondial où l’expérience des pilotes mais aussi des équipiers va faire la différence, » estime l’équipier professionnel ayant pris les notes qui seront distribuées aux concurrents le samedi soir. « Avec le système de Power Stage doublant les pénalités lors de ces six ultimes RT, je suis convaincu que le rallye se jouera le dimanche. Un équipage accusant un retard de 100 points le samedi soir pourra encore espérer s’imposer. »

Neuville-Gilsoul aux dédicaces, Verhofstadt en Classic

Ou du moins remporter le Challenge terre récompensant le meilleur équipage sur la seule étape dominicale.

Autre nouveauté cette année, les concurrents des catégories Classic (60 km/h de moyenne avec là aussi un copieux panel de prétendants au podium et le retour de l’ex-premier ministre Guy Verhofstadt) et Demo (non chronométrés) disputeront l’intégralité du parcours.

Les festivités débuteront dès le vendredi 19 avec les reconnaissances, le contrôle technique, la traditionnelle séance de dédicaces à laquelle participeront Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul suivie d’une parade en ville des 300 véhicules réunis dans la principale artère commerçante fermée pour l’occasion à la circulation.

Le décor est planté. Le plateau, riche et varié a de nouveau de l’allure. La course promet d’être disputée. Alors qui inscrira son nom à la suite de celui de François Duval ? A vos pronostics…