Quatre records du monde, deux nouveaux records d'Europe, les Championnats du monde 2007 de natation course qui ronronnaient depuis dimanche ont connu l'une de ces journées qui restent forcément dans l'histoire, mardi à Melbourne. Chronologiquement, c'est l'Américain Michael Phelps qui a allumé la mèche. La finale du 200 m nage libre contre Pieter van den Hoogenband laissait prévoir des étincelles. D'autant que le Néerlandais, tout grand champion qu'il est, n'avait jamais gagné de titre mondial. Ce ne sera donc pas pour cette fois (1:46.28). Car le "kid de Baltimore", 21 ans, a tout cassé. Même un mythe. Celui de l'Australien Ian Thorpe, dépouillé de son record du monde (1:44.06) chez lui. Phelps a signé, lui, le seizième record de sa carrière (1:43.86). Preuve que le Sud-Coréen Park Tae Hwan ne s'est pas emparé par accident du 400 m nage libre, il a répondu à l'attente de ses entraîneurs: troisième (1:46.73). A 17 ans, ce gamin, à l'air tout le temps étonné d'être là, a vraiment un talent énorme. Phelps, qui va certainement réaliser d'autres exploits, a comme donné le la. Car ensuite, sa compatriote Natalie Coughlin a abaissé sa marque du 100 m dos (59.44). La Française Laure Manaudou, dans son pari fou de gagner deux titres (100 m dos et 1500 m nage libre) la même journée, s'est arrêtée sur l'argent en dos. Et elle était contente Coughlin du bon coup qu'elle venait de jouer. Elle retrouvait la couronne remportée en 2001, laissée en 2003 et 2005. Dans cette période, elle était cependant la seule sous la minute, performance qu'elle avait rééditée à quatre reprises. Manaudou ce n'est donc pas une machine à gagner. Elle a eu du mal à afficher un sourire sur le podium. En cause peut-être plus la fatigue de la multiplication des exploits que la déception d'être passée à côté de la seule chose qui l'intéresse vraiment: la victoire! Manaudou, qui a devancé la Japonaise Reiko Nakamura (1:00.40), a ragé aussi car elle a échoué de pas grand chose. Et malgré un exploit puisqu'elle est devenue avec son record d'Europe, la deuxième femme sous la minute (59.87). La bagarre risque donc de se poursuivre jusqu'à Pékin. Cette bagarre s'annonce plus limitée chez les messieurs car l'Américain Aaron Peirsol a montré qu'il était intouchable sur le 100 dos. Il a embelli son oeuvre (52.98, record du monde) et repoussé son compatriote Ryan Lochte (53.50) et le Britannique Liam Tancock (53.61). Un coup d'éclat signé Pellegrini La joie de Peirsol n'a pas été totale. Sa soeur Hayley a fini à la cinquième place du 1500 m nage libre. Très loin de sa compatriote Kate Ziegler (15:53.05) qui a manqué d'un peu de résistance pour améliorer l'antique record du monde de Janet Evans (15:52.10). Dans cette course la Suissesse Flavia Rogamonti a terminé très fort. Assez pour prendre la marque continental (15:55.38) et distancer la Japonaise Ai Shibata. (15:58.55). Manaudou, elle a laissé filer. Elle s'est préservée pour sa demi-finale du 200 m nage libre. Cette épreuve a été l'occasion du dernier éclat. Celui de l'Italienne Federica Pellegrini (1:56.47) qui détient désormais le record du monde. A son grand étonnement quand elle a vu le chrono s'inscrire. Car elle ne l'a pas recherché. A l'inverse, l'Australienne Leisel Jones aurait voulu faire progresser sa marque du 100 m brasse. Devant son public, elle s'est contenté de battre (1:05.72) l'Américaine Tara Kirk (1:06.34) et l'Ukrainienne Anna Khlistunova (1:07.27) qui a égalé le record continental.