Les coureurs belges, qui dominent le cyclo-cross, se disputent par avance le titre dans la course-reine des Championnats du monde organisés samedi et dimanche sur le circuit automobile de Zolder.

Promis à un grand succès populaire, les Championnats du monde donnent lieu à une intense rivalité au sein de l'équipe dirigée par l'ancien champion Eric De Vlaeminck. Habitués à truster les podiums de la saison hivernale, tous les coureurs de la sélection élite sont persuadés de leurs chances personnelles, jusqu'au sixième homme Ben Berden (26 ans) qui a déclaré vouloir jouer sa propre carte.

Erwin Vervecken (29 ans), tenant du titre mondial, remâche encore sa déception du Championnat de Belgique, de ce sprint perdu face à Mario De Clercq (35 ans) qu'il accuse d'irrégularité. Son vainqueur, deux fois champion du monde, rêve de remonter sur la plus haute marche du podium d'autant que le circuit, très technique, lui convient à merveille.

Les deux plus jeunes (23 ans), Bart Wellens, souvent placé mais rarement gagnant, et Tom Vannoppen restent à l'affût. Quant à Sven Nys (25 ans), le lauréat de la Coupe du monde, il compte bien en avoir fini avec son mois de janvier malchanceux (crevaisons et incidents mécaniques en série) pour décrocher un titre mondial.

Comme au mur de Grammont

Pour les Belges, et surtout leurs supporters qui s'apprêtent à faire couler la bière à Zolder, un succès étranger relève de l'impensable. Mais Nys n'a pas manqué de souligner dimanche dernier la montée en puissance de son coéquipier habituel, le Néerlandais Richard Groenendaal, vainqueur de la dernière manche de la Coupe du monde aux Pays-Bas.

Groenendaal, champion du monde voici deux ans, semble être le seul à pouvoir troubler la fête à laquelle doit se rendre le Premier ministre Guy Verhofstadt. A moins qu'un représentant de la République tchèque, souvent présente au rendez-vous mondial, ou le Français Dominique Arnould, pour ses adieux annoncés, vienne créer une surprise majeure au bout de la longue ligne droite (400 m) de l'autodrome de Zolder, où les routiers disputeront en octobre leur propre Championnat du monde.

«Le circuit réunit tous les ingrédients nécessaires, la terre, le sable, l'herbe, les graviers, l'asphalte et aussi les difficultés naturelles», estime De Vlaeminck, qui compare un endroit du parcours au sommet du mur de Grammont, la difficulté légendaire du Tour des Flandres.

Dans ce contexte passionnel, la Belgique attend moins des autres catégories.

En signant un contrat professionnel qui lui interdit de concourir en espoirs (moins de 23 ans), le tenant du titre, Sven Vanthourenhout, a laissé le champ libre samedi à l'Italien Enrico Franzoï et au Français Francis Mourey, les deux favoris de cette catégorie d'âge.

Dans la course dames, le lendemain, l'Allemande Hanka Kupfernagel, invaincue en Championnat du monde depuis l'inscription de l'épreuve au programme (2000), s'attend à retrouver l'une de ses habituelles adversaires de la route, la Canadienne Lyne Bessette. Avant que les «pros» entrent en scène, devant les quelque 40.000 spectateurs attendus.