Robert Van de Walle quittera, dimanche soir, avec une vision amère des sphères décisionnelles du sport belge, une fonction de chef de mission de la délégation belge aux jeux Olympiques qu'il avait pourtant embrassée avec beaucoup de motivation.

«Ici, je n'ai pas été un véritable chef de mission», commence-t-il. «J'ai fait du coaching, j'ai veillé à la bonne ambiance, j'ai encouragé, je me suis assuré que tout le monde pouvait se préparer dans de bonnes conditions. Mais un vrai chef de délégation doit travailler quatre années durant pour préparer les Jeux», a-t-il déclaré.

«Quand on m'a appelé, j'ai débuté avec beaucoup de plans pleins d'idéaux. Mais je n'ai pas pu les mettre en oeuvre, notamment parce que je n'avais pas le sentiment d'avoir la confiance des dirigeants», a expliqué le chef de mission. «Dans ma vie professionnelle, j'organise des séminaires. Toutes les semaines, les gens s'en vont heureux. En quatre ans, j'ai rendu beaucoup d'athlètes heureux, mais je ne suis jamais arrivé à rendre un dirigeant du COIB heureux».

Il reste cependant fier et content du boulot qu'il a accompli, tout en ayant sa petite idée sur le chemin qu'il reste à parcourir pour que la Belgique s'affiche plus haut dans les palmarès, car pour lui, même si ses athlètes ont tous fait de leur mieux, trois médailles ce n'est pas un bon résultat.

«Le sport de haut niveau tel qu'on le conçoit en Belgique n'est pas à la hauteur du véritable sport de haut niveau», analyse Robert Van de Walle. Pour arriver à un certain niveau, il faut beaucoup travailler. Mais pour passer de 4e à 3e puis 2e et enfin 1er, il faut encore plus travailler. Il ne suffit pas d'être un sportif 4 heures par jour. Non, il faut travailler à 100 pc 24 heures sur 24, sans compromis», analyse Robert Van de Walle. «Pour cela il faut changer les mentalités tant au niveau du COIB, que des fédérations ou des entraîneurs. Chez tous les gens qui s'occupent du sport»

L'ancien champion olympique de judo dit avoir essayé de changer des choses, mais s'est heurté à des murs, critiquant une certaine culture qui pousse les gens à penser à leur place plutôt qu'au développement du sport, ou encore le temps perdu avant la prise de décisions puis le temps perdu pour la mise en application. Ainsi en est-il de l'accord Fédéral-Communauté pour la détection et la formation de jeunes talents, projet qu'il a initié, qui a été signé sous la législature régionale précédente et qui n'a pas encore débuté.

Robert Van de Walle se fait aussi très critique par rapport au sport francophone qui, selon lui, a vingt ans de retard par rapport à ce qui se fait en Flandres. Mais «la lutte entre les communautés coûterait beaucoup trop d'énergie», estime-t-il. «Que ce soit une bêtise ou pas, le sport est scindé. Il faut faire maintenant avec cette situation. Mais on peut réunir les forces pour aller plus loin. Tôt ou tard il faudra grandir ensemble.»