«Il va bien fatiguer à un moment.» Effrayé par le niveau de jeu de Carlos Moya dans le premier set, Olivier Rochus a lancé cette phrase à l'attention de Steven Martens. Il était en train de prendre une leçon contre le n° 4 mondial. «Son niveau de jeu était hallucinant, expliquera après coup l'Auvelaisien. Je n'avais même pas l'impression de mal jouer mais les jeux défilaient.»

En clair, il fallut dix-neuf minutes à l'Espagnol pour boucler la première manche. Heureusement pour Rochus, il baissa un peu de niveau par la suite, le Belge sautant sur l'occasion pour ne plus lui lâcher les basques au cours d'une dernière ligne droite passionnante. Volontaire en diable, Rochus y montra son meilleur visage. «Je suis très content de la manière dont j'ai joué à ce moment-là, et notamment de mon service. Il a constitué une arme sur certains points.» Le 6-0 du premier set était oublié. Olivier Rochus débutait un autre match.

«Le deuxième jeu de la seconde manche fut prépondérant. Je crois que si je ne reviens pas à 1-1, j'aurais pu me prendre deux roues de vélo. Heureusement, ce ne fut pas le cas.» C'en fut même loin tant le petit Belge s'accrocha. Il mena même 2-0 dans le tie-break, avant de s'y incliner 7-3. «Malgré cette belle prestation, je suis déçu de ne pas avoir pu remporter ce jeu car, par moments, dans le deuxième set, je l'ai vu douter.»

«Mon bilan est positif»

Ce dont Olivier Rochus ne doit pas douter, c'est que son jeu est bien en place.

«Je me sens bien, mes sensations sont bonnes. Si on m'avait dit que je passerais le cap Philippoussis, j'aurais signé des deux mains. Donc, mon bilan est positif.» Vu sa forme du moment, il peut nourrir une frustration légitime par rapport à la sévérité de son tirage au sort. «Je dois admettre que, cette année, je suis rarement épargné dans les grands tournois. En Australie, j'hérite de Novak au premier tour, à Wimbledon, je prends Carraz, un spécialiste, à Monte-Carlo, je croise la route de Safin et, maintenant, je tire Philippoussis puis Moya. Enfin, c'est la vie...»

Celle qu'il passe actuellement à Athènes lui convient. «Je ne connaissais pas bien les autres athlètes belges avant de venir ici. Malheureusement, je ne saurai pas en voir d'autres à l'oeuvre car je prends l'avion pour la Belgique dès jeudi.» Avant cela, Rochus s'est promis d'enrichir l'impressionnante collection de pin's entamée sur le sol grec. «Ce mercredi, je vais faire le tour des délégations et essayer d'en avoir le plus possible», sourit-il. Une chose est sûre: il n'aura pas perdu son temps en Grèce.

© Les Sports 2004