Les athlètes ne sont pas les seuls à libérer leurs énergies: Salt Lake City, la capitale des mormons, dans l’Utah, donne aussi l’impression de prendre goût aux Jeux olympiques d’hiver.

Pour les habitants de cette ville d’environ 180.000 personnes (800.000 au niveau de l’agglomération), qui traîne une réputation d’être plutôt austère en raison de l’influence des mormons, c’est même presque une mini-révolution.

Le siège mondial de l’Eglise de Jesus Christ des Saints des derniers jours, autrement connu comme l’Eglise des Mormons, se trouve à Salt Lake City, tandis que 70% de la population de l’Utah est mormon. Les Mormons ne boivent ni alcool ni café, ne fument pas, et sont généralement des pratiquants assidus.

Mais la fièvre olympique a saisi la ville, toute heureuse semble-t-il de se trouver, au moins pendant la quinzaine olympique, sous le feu des projecteurs, et les rues généralement désertées vibrent de monde, y compris le soir.

De multiples festivités ont d’ailleurs été prévues par les autorités locales, des sponsors et le Comité organisateur des Jeux (SLOC), ainsi qu’à travers l’Olympiade culturelle.

Medals Plaza

Le lieu le plus prisé: la «Medals Plaza », où plusieurs milliers de personnes dont beaucoup de jeunes s’amassent chaque soir pour les cérémonies de remise des médailles, ponctuées de concerts et de divertissements. Il faut un billet d’entrée mais il est gratuit.

De son côté, la municipalité a organisé ses propres festivités, également gratuites, sous des tentes installées dans les jardins de la mairie où elle sert des boissons, y compris alcoolisées.

Les restaurants ont également fonctionné à plein pendant le week-end.

«On a jamais vu l’Utah vibrer comme ça », confient des jeunes qui attendent d’entrer dans un «jardin à bière » (beer garden) sur Main Street, sponsorisé par la firme Budweiser, malgré près d’une heure de file d’attente dans le froid.

La jeunesse, prompte à dénoncer la rigidité des lois sur l’alcool dans l’Utah, parait y avoir trouvé son lieu de prédilection.

Par ailleurs, à chaque coin de rue, c’est aussi la fièvre des pin’s, échangés entre collectionneurs et curieux, au grand dam des personnels de sécurité.

Ceux-ci se plaignent que les pin’s, en métal, sèment la zizanie aux points de contrôles et ralentissent le flux des personnes dans les détecteurs à métaux.

«Cela force les gens à attendre », s’est plaint un officier devant le centre de presse des jeux Olympiques.

Quant aux athlètes et membres des délégations olympiques, s’ils se lassent de la nuit nocturne à Salt Lake City, ils peuvent toujours fréquenter les «maisons » de leur pays. Les plus prisées seraient, paraît-il, la «maison slovaque », ainsi que celles des Suisses et des Italiens. (AFP)