`Si j'avais peur, j'arrêterais tout´

Omnisports

PHILIPPE VAN HOLLE

Publié le

ENVOYÉ SPÉCIAL À SAINT-MALO

Traditionnellement, la Route du Rhum attire la grande foule dans la Cité des Corsaires. Cette semaine, l'affluence a atteint des records: 15000 personnes par jour, depuis le début de la semaine, sur le grand ponton; 5000 de plus, quotidiennement, dans les villages des exposants. Ce week-end, on devrait battre tous les records. Déjà...

Comme la Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques, le Rhum, comme on dit ici, n'a lieu que tous les quatre ans, ce qui ne fait qu'amplifier la grandeur de l'événement, saler un peu plus encore le goût marin de cette immense aventure humaine. Imaginez le défi: seul pour traverser l'Atlantique Nord, à cette époque tempétueuse de l'année, à la barre de véritables monstres des mers. Une course mythique, au grand large, qui a fait rêver les plus grands navigateurs, de Mike Birch à Laurent Bourgnon, en passant par Marc Pajot, Philippe Poupon, et Florence Arthaud.

Composer avec les risques

Le risque, c'est vrai, est partie intégrante de cette transat de légende. Pourtant, les skippers en parlent peu, comme c'est le cas de Jean-Luc Nélias, à la barre de notre Belgacom, une machine infernale plus large que longue (18,26 m x 18,90 m), pesant quelque 5,5 tonnes, avec un mât imposant qui culmine à 30,48 m de haut. `Si je devais avoir la moindre appréhension, j'arrêterais immédiatement ce métier, explique, d'un air tranquille, le plus Belge des Français. Je sais évidemment que cette course comporte des dangers - c'est un élément que j'intègre, c'est tout. Du reste, quelqu'un qui a peur ne peut pas être compétitif. C'est vrai en voile comme dans beaucoup d'autres sports.´

La course à la technologie

Cette course du Rhum est aussi une sorte d'immense laboratoire ambulant. Toutes sortes d'équipements sont mis (durement) à l'épreuve. Le temps où les navigateurs faisaient le point avec les étoiles à l'aide d'un sextant est définitivement révolu. Ils font aujourd'hui usage des satellites et autres technologies dérivées, notamment, de l'aérospatiale. Si Jean-Luc Nélias fera souvent appel au pilotage automatique; il se transformera lui-même, parfois, en pilote informatique. Radar, transpondeur, sondeur, GPS, liaison phonique fax/data par satellite, récepteur d'images météo en temps réel, radio VHS (pour parler avec les autres concurrents), tous ces moyens font maintenant partie de l'équipement quasi standard sur ces bêtes de compétition, qu'elles aient une ou plusieurs coques.

La confiance de Nélias

Pour la construction des bateaux eux-mêmes, des matériaux hyper légers ont été utilisés, car quelques kilos en moins font un petit noeud de plus! Ces derniers temps, c'est souvent le mât qui constitue le maillon faible de ces navires. Celui de Belgacom a déjà été changé plusieurs fois, mais les autres concurrents ne sont pas en reste. Alors, une épidémie? `C'est une épée de Damoclès qui nous pend au-dessus de la tête, dit Jean- Luc Nelias. Le risque existe, mais, je vous le dis, le mât de Belgacom va tenir. Plus question de penser autrement. Rien de tel que la méthode Coué, surtout quand on a fait tout ce qu'on devait faire.´

Nélias respire la confiance. Quand on lui demande si le bateau belge est au top, il répond, du tac au tac: `Pas encore, mais il est au même niveau que les bateaux concurrents!´

© Les Sports 2002

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