ENTRETIEN

Discret, un poil timide, Stefan Casteleyn est un peu à l'image d'une discipline hyper-spectaculaire mais qui éprouve des difficultés à se vendre. Classé n°7 à la PSA fin 1998, début 1999, Casteleyn est aujourd'hui retombé à la 34e position au classement mondial. En Belgique, Stefan Casteleyn a posé ses pénates à Ixelles, à quelques encablures de son club du Castle à Wezembeek-Opem.

«Je me suis marié, je suis aujourd'hui papa d'un petit Ronan âgé de 16 mois Il n'y a pas à dire, cela change une vie.»

Bref, l'année 2000 de Stefan Casteleyn est à mettre entre parenthèses, notre n°1 espère retrouver un niveau plus en rapport avec ses qualités intrinsèques.

«Ce n'est pas si évident que cela. Pour l'instant, je suis entraîné dans une spirale négative, à l'image de mes nombreux matchs perdus en cinq sets»

LES PREMIERS BALBUTIEMENTS

C'est très tôt que Stefan Casteleyn est tombé dans la marmite: «Ma mère gérait un club de tennis et c'est tout naturellement que j'ai commencé ce sport, je devais avoir six ans. Le problème, c'est qu'à cet âge là, la balle ne revient pas souvent. Mon père m'a emmené pour la première fois sur un terrain de squash à huit ans, j'ai embrayé tout de suite. La vitesse du jeu, la fréquence des échanges L'avantage du squash par rapport au tennis, c'est que l'on peut s'amuser avec un minimum de technique.»

Pourtant doué, Stefan Casteleyn ne bénéficiera d'entraînements dirigés qu'à partir de l'adolescence, et encore, à doses homéopathiques.

SPORT CÉRÉBRAL

Aujourd'hui âgé de 26 ans et riche de huit titres de Champion de Belgique, Stefan Casteleyn entend bien rebondir pour rentabiliser sa fin de carrière.

«Pour bien gagner sa vie au squash, je dirais qu'il faut être classé dans le top 16. Par rapport au tennis, les tournois sont moins nombreux et le prize money est beaucoup moins important. Ici, à Anvers, qui est un des six tournois majeurs de l'année, les 32 joueurs se partageront 60.000 $ A la différence d'un Kafelnikov qui dispute plus de cent matches par an, je ne participe qu'à onze ou douze tournois sur l'année. Le reste, c'est de l'entraînement et de la remise en question. Je le répète, le squash, c'est souvent dans la tête que cela se passe.»

Dans la tête, certes, mais également dans les jambes. Le squash est classé en troisième position des sports les plus éprouvants après le hockey sur glace et le badminton.

«Les qualités basiques sont la vitesse et la souplesse. Avoir le sens de l'anticipation est un plus et être en bonne condition physique est indispensable. Dans la mesure où les deux joueurs sont dans une

«cage», coupés du monde extérieur, le mental est primordial. Pour une parole entendue ou un contact physique, vous pouvez sortir complètement du match.»

Si un set se boucle généralement en neuf points gagnants au niveau amateur ne marque le point que celui qui sert , le circuit PSA impose des sets de 15 points au cours desquels tous les points comptent. Dès lors, la moindre perte de lucidité se paie cash.

Du point de vue de la notoriété, Stefan Casteley peut allégrement faire ses courses sans se faire accoster par les chasseurs d'autographes. Le garçon n'est pas amer vis-à-vis de son statut, ni par rapport à la célébrité que récoltent les joueurs de tennis. «Je ne regrette rien et je ne me pose pas ce genre de question. De toute façon, je n'aurais pas été un bon joueur de tennis» Seul signe extérieur de célébrité, une raquette moulée à son nom, fabriquée aux Etats-Unis. "Attention, cela ne veut pas dire pour autant que je suis plus connu aux States qu'en Belgique, je crois même que c'est le contraire.»

Désormais bien dans ses baskets, Stefan Casteleyn nourrit de saines ambitions avant de raccrocher sa raquette et d'embrasser le métier de coach: battre le record de M. Van Bemden riche de 10 titres nationaux et retrouver son meilleur niveau. C'est tout le mal que nous lui souhaitons.

© La Libre Belgique 2001