Teddy Riner s’est excusé après sa défaite face à Kageura, la première depuis le 13 septembre 2010…

À sa sortie, précoce, du tatami, Teddy Riner n’avait pas l’air trop affecté par sa défaite (surprise), face au Japonais Kageura, au troisième tour de ce Grand Chelem parisien. "Désolé pour cette journée ! Mais l’essentiel, ce sont les Jeux. Je veux gagner à Tokyo plutôt que briller à Paris…" , lança-t-il, face à une nuée de journalistes et photographes, français et… japonais. "J’ai encore deux ou trois rendez-vous à venir pour corriger le tir."

Et tant pis pour cette série, exceptionnelle, portée un peu plus tôt à 154 combats sans défaite et stoppée devant un public tout acquis à sa cause ! Un véritable coup de tonnerre dans le monde du judo.

Absent du rendez-vous parisien depuis sept ans, le décuple champion mondial et double champion olympique s’est donc incliné face au Japonais de 24 ans, Kokora Kageura, lequel a coupé l’herbe sous le pied non seulement de Riner, mais aussi de son compatriote Harasawa ! Depuis un certain temps, celui-ci annonçait partout vouloir battre Riner aux Jeux de Tokyo, mais Kageura est passé par là…

Récent médaillé de bronze à Osaka et à Qingdao, dans le cadre du Masters, Kageura est un habitué des podiums internationaux. Il a ainsi décroché l’or, en 2018, et le bronze, en 2019, à… Paris ! Mais nul ne donnait cher de sa peau face au roi Teddy.

Le compteur arrêté à 154

Toutes compétitions confondues, le champion français était invaincu depuis 152 combats en arrivant dans la capitale française. Sa dernière défaite datait du 13 septembre 2010, à Tokyo, face à un autre Japonais (bien sûr…), Daiki Kamikawa, à l’époque à la décision des trois arbitres chargés de la finale mondiale toutes catégories.

Une décision que Teddy Riner avait contestée ce jour-là, vu le contexte et les circonstances de ce combat. Rien de tout ça, ce dimanche, puisque Riner a reconnu sa défaite.

Accueilli au rythme des "Teddy, Teddy, Teddy" venant des tribunes d’une AccordHotels Arena affichant ultra complet, il a souffert dès son entrée en lice. Trop lourd (plus de 150 kg !), trop lent, il n’est venu à bout, au premier tour, du modeste Hongrois Sipocz, 53e mondial, qu’après prolongation et sur pénalités.

Au suivant, il a dû encore attendre une vingtaine de secondes dans la prolongation pour battre l’Autrichien Hegyi, no 16, cette fois sur un ippon, salué par des spectateurs français aux anges. Mais la suite de la journée s’annonçait délicate. Et elle le fut avec cette défaite fatale !