BRUXELLES Avec elle, on a l'impression que tout prend la forme de boutade. Pourtant, derrière ce sourire timide et ce visage agréable se cache un monstre de volonté. «Il en faut pour atteindre pareil rêve!» Celui de Daisy De Bock, emplo- yée à mi-temps dans l'industrie chimique quand elle n'est pas hôtesse d'accueil à la VRT, est sur le point de se concrétiser. Samedi, elle sera, en effet, la première représentante belge à entrer en lice lors de ces Jeux 2004. A 9h du matin, elle débutera la compétition de tir à la carabine à air comprimé. «Ce qui signifie que je ne verrai malheureusement la cérémonie d'ouverture que de ma chambre au village olympique!»

Déjà partie pour Athènes, elle y fêtera son trentième anniversaire ce mardi. Elle ne pouvait espérer plus beau cadeau qu'une participation aux Jeux. «Pour les tireurs, c'est vraiment ce qu'il y a de mieux. C'est le seul moment où on sort de l'ombre. Cette compétition fait du bien à mon sport mais, moi, je n'aime pas apparaître en pleine lumière. Je suis, en fait, plutôt du genre réservé.»

Reste que la Waeslandienne est définitivement sortie de l'ombre en novembre dernier, lors des Championnats d'Europe, à Göteborg, qu'elle a terminés à la cinquième place, obtenant sa qualification pour Athènes. «Avant cette épreuve, je n'ai ni mangé ni dormi pendant une semaine. Il m'a fallu du temps avant de me faire à l'idée que j'étais qualifiée. Au début, je me levais, la nuit, pour consulter le site Internet du COIB et voir si mon nom figurait bien parmi la liste des athlètes ayant rempli les critères de sélection.»

Depuis lors, Daisy De Bock a confirmé ses excellentes dispositions, terminant septième de la manche de Coupe du Monde, en février, à Sydney. «Ces derniers mois, cela marche assez fort pour moi. Je me surprends à évoluer à un niveau que je ne pensais pas pouvoir atteindre.»

Ce niveau, dit-elle, dépend de nombreux paramètres, dont la concentration et la relaxation. «Les tireurs à la carabine fonctionnent presque comme des automates. On se focalise d'abord sur les organes de visée avant de regarder le centre de la cible. On est dans une bulle et on visualise une horloge afin de déterminer à la minute près où on a tiré. Notre crainte est d'entamer la compétition par un sept sur dix. Dans ce cas, il devient délicat de combler son retard par la suite.»

Autre facteur déterminant également: la chance. «On en est tributaire. Prenez mon cas! A Göteborg, je termine cinquième en rentrant une carte de 396 alors que la 40e en remettait une de 395. Nous sommes à l'écoute de notre corps et essayons de tirer entre deux battements de coeur.»

Samedi, ceux de Daisy s'accéléreront. C'est un rêve qui se réalise.

A 9h, elle débutera la compétition de tir à la carabine à air comprimé. (PHOTO NEWS)

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