L'Asie, Dunga connaît. Il y a dix ans, le sélectionneur brésilien était champion du Japon et gagnait la Coupe Yamagasaki Nabisco avec Júbilo Iwata, club où il évolua trois saisons, de 1995 à 1998.

Cette année-là, il clôtura sa belle carrière sous le maillot "auriverde" lors du Mondial français : la cruelle finale du Stade de France fut son dernier match avec la Seleção , avec qui il fut sacré champion du monde en 1994, aux USA. Alors capitaine, c'est l'ancien joueur de la Fiorentina qui souleva la Coupe Jules Rimet aux Etats-Unis. Dix ans plus tard, Dunga rêve de décrocher un nouveau trophée sur le continent asiatique... et prendre sa revanche sur un Mondial qu'il n'a toujours pas digéré.

Au Panthéon des "futebolleurs" , Carlos Caetano Dunga occupe une place en vue. Ses 91 sélections en équipe nationale lui ont permis, une fois sa carrière de footballeur terminée au club de ses débuts, l'Internacional de Porto Allegre, d'être embauché par la Fédération. L'ancien milieu de Stuttgart partage avec Jean-François de Sart l'absence d'expérience de coaching en club.

Mais Dunga est surtout devenu le sélectionneur du Brésil après un Mondial 2006 médiocre, et l'élimination contre la France en quarts . Depuis, il a déjà engrangé un trophée : la Copa America 2007, face à l'Argentine. Avant de s'attaquer à la Coupe du Monde 2010, le coach sud-américain espère offrir au Brésil la première médaille d'or olympique de son histoire. Il sait que les attentes, au pays, sont énormes. Mais Dunga assume ce statut.

"Avec Ronaldinho, cette équipe olympique est aussi forte que notre équipe nationale. La seule différence est que nous n'avons eu que quinze jours pour la préparer, a lancé le sélectionneur. Depuis 2006, une nouvelle génération émerge. Elle a encore besoin d'expérience et de leader. Ronnie est le nôtre durant ce tournoi."

C'est pourquoi Dunga a en fait son capitaine. Critiqué lors de sa prise de fonction, l'ancien milieu de terrain a fait taire ses détracteurs lors de la Copa America. Sa longue expérience dans le "Calcio" puis en Allemagne, lui a apporté la rigueur. Il l'a inculquée à son équipe, et cela a fonctionné. L'efficacité avant le spectacle, tel sera son credo en Chine et dans les matches de ce groupe C.

"Je ne sais pas qui sortira de notre poule pour aller en quarts de finale, ce que je sais c'est que le Brésil sera premier, confie Dunga. Je ne pense pas encore à la finale. Je reste concentré par cette première étape. Si vous ratez la première marche, difficile de monter sur le podium ensuite... Ce match contre la Belgique, nous devons l'aborder sereinement mais avec sérieux. Je me doute que notre adversaire attend que nous fassions le jeu. Sans doute les Belges joueront-ils la défensive... comme toutes les équipes qui croisent le Brésil."