ENVOYÉ SPÉCIAL EN FINLANDE BENOÎT LAYS

JYVSKIL Il n'y en avait que pour Peugeot lors de cette neuvième manche du Championnat du Monde des Rallyes. A la fin de la première étape, ce n'était pourtant pas celui que l'on attendait qui emmenait le trio de 206 WRC officielles. Grâce à une route parfaitement nettoyée, Richard Burns s'était installé en tête de l'épreuve devant les locaux Rovanperä et Grönholm. Corrado Provera n'avait pas encore sévi et laissait ses pilotes s'expliquer.

Mais la seconde journée allait tenir ses promesses et donner des sueurs froides au patron des Bleus. Dans la deuxième spéciale du jour, le rouquin échouait sur le nez de son bolide à la réception d'un saut et déconnectait une Durit de turbo. Il perdait deux places mais les trois Peugeot étaient toujours isolées en tête de l'épreuve. Dans le secteur chronométré suivant, les pilotes se voyaient proposer 40,84 kilomètres d'enfer. Lorsque Rovanperä rejoignait l'arrivée au ralenti, les mines s'allongeaient dans le clan Peugeot.

L'autre Finlandais Volant avait heurté une pierre après quatorze kilomètres et sa roue avant droit s'était affaissée sous la voiture, arrachant les éléments de suspension avant de le contraindre à l'abandon, à la sortie de ce véritable marathon. Le trio s'étant changé en duo, Provera ne tardait pas à pratiquer un art dans lequel il ne doit rien à Jean Todt, celui de figer les positions en tête de la course. Malgré cela, les 206 WRC avaient signé tous les meilleurs temps des six spéciales inscrites au programme du samedi.

Et la troisième journée va très vite se résumer en un long tapis de terre finlandaise déroulé sous les roues des Peugeot au grand dam de l'adversité. Les concurrents du constructeur français, dont on vous parle par ailleurs, n'ont pas encore compris ce qui leur était arrivé en Finlande.

En reléguant régulièrement tous les autres à plus d'une seconde au kilomètre, Peugeot a fait naître les suspicions. Les pneus Michelin et un moteur particulièrement tonique ont été pointés du doigt. Pourtant en 2001, Rovanperä et Marcus avaient déjà dominé l'épreuve sans soulever de polémique. Et Burns avait été le seul à pouvoir les suivre. Alors disons plus simplement que Peugeot a réuni tous les éléments nécessaires à cette domination.

A la manière de l'équipe US Postal au Tour de France qui préfère enrôler les adversaires d'Amstrong, l'usine française encaisse enfin son retour sur investissement avec Richard Burns.

Critiquée à l'heure de son choix mais surtout à la suite du début de saison peu reluisant du Britannique, Peugeot a su patienter et laisser à celui-ci le temps nécessaire à son adaptation.

Au vu des temps qu'il a signé ici, on voit mal qui va pouvoir l'écarter de la victoire en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Angleterre. Et contrairement au cycliste américain, Grönholm devra se battre à armes égales contre son compagnon d'écurie. Avant de retrouver l'asphalte allemand, Marcus a quinze jours pour savourer sa troisième victoire consécutive sur ses terres et les 17 points d'avance qu'il compte aujourd'hui sur Colin McRae au classement provisoire du championnat.

© Les Sports 2002