«Ce fut une belle aventure, mais il est temps désormais de passer à un autre chapitre de ma vie », a déclaré Ewing depuis un hôtel de Manhattan. «Je me suis fait beaucoup d’amis et quelques ennemis durant ma carrière. Il faut passer à autre chose ».

Ironie de l’histoire, il annonçait son passage comme entraîneur adjoint chez les Washington Wizards, club de Michael Jordan depuis l’an dernier, l’homme qui plus que quiconque a ruiné les espoirs de Ewing et des Knicks de glaner un titre NBA.

«Bon nombre de grands joueurs n’ont jamais remporté le Championnat », a déclaré Ewing, ajoutant toutefois: «Je suis désolé de n’avoir pu ramener le titre ici (à New York). Tout ce que je peux dire, c’est que mes partenaires et moi avons toujours donné 110% sur le terrain mais avons toujours échoué de peu ».

L’absence de ce sacre NBA reste pour certains comme une tache indélébile dans la carrière de ce joueur pourtant élu parmi les 50 meilleurs basketteurs de l’histoire de la NBA.

Points, honneurs et dollars

Le natif de Kingston (Jamaïque) a marqué l’histoire du basket américain dès ses années universitaires, entraînant l’équipe de Georgetown (Washington DC) à trois finales NCAA pour un titre en 1984. Année qui le voyait également coiffer ses premiers lauriers olympiques à Los Angeles en compagnie de... Jordan.

Choix N.1 de la draft l’année suivante par les New York Knicks, ce géant de 2,13 m devenait la pièce-maîtresse d’une équipe dont il établira moult records en quinze saisons: des matches joués (1039) aux points marqués (23.665), en passant par les rebonds (10.759), les contres (2758)...

Mais il était régulièrement privé de la grande finale par les Bulls de Michael Jordan ou les Indiana Pacers de Reggie Miller. Parvenus en finale en 1994, Ewing et les Knicks échouaient cette fois face aux Houston Rockets de Hakeem Olajuwon.

Cela ne l’empêchait pas d’engranger les points (24.815 au total), les honneurs (nommé 11 fois au All-Star game), et les dollars (jusqu’à 18 millions la saison). Et d’ajouter une nouvelle médaille d’or olympique en 1992 à Barcelone avec la première «Dream Team », encore aux côtés de Jordan.

L’usure du temps et surtout des genoux récalcitrants faisaient baisser sa production. Et celui que l’on croyait «Knick » à vie, prenait la route de Seattle en septembre 2000 à l’occasion d’un échange compliqué impliquant trois équipes.

En juillet de l’année suivante, Ewing, agent libre, atterrissait à Orlando pour une saison à oublier, où il était plus souvent sur la liste des joueurs «qui n’ont pas joués sur décision de l’entraîneur ».

L’annonce de son départ d’Orlando, mi-août, était l’annonce d’une retraite très proche. Chose confirmée un mois plus tard dans sa ville de New York. (AFP)