Le soleil a beau ne pas être de la partie en cette fin de semaine à La Baule, son absence n'enlève rien au prestige et au charme de cette station balnéaire réputée de la côte atlantique. Depuis 1962, la ville - développée par la famille Barrière, propriétaire des principaux hôtels mais aussi du casino et de la discothèque - s'est érigée comme la capitale française du saut d'obstacles. Davantage qu'à Bordeaux ou à Paris, c'est bien à La Baule que se succèdent en effet les meilleurs cavaliers mondiaux de la discipline.

Le stade François André - installé à quelques foulées de l'océan - accueille d'ailleurs chaque année la première épreuve du circuit de la Super League qui constitue déjà un premier test de d'envergure pour les huit nations engagées. "J'adore La Baule mais il s'agit d'un concours très difficile", souligne Philippe Le Jeune qui figurait dans l'équipe belge victorieuse en 1999. "Je trouve même que c'est sévère de débuter la Super League ici où les parcours sont toujours très techniques et le matériel très léger."

Pour son retour en Super League après une année de purgatoire en Coupe des nations FEI, la Belgique ne rêve pas de victoire mais simplement d'une bonne performance dans l'épreuve de la Coupe des nations, cet après-midi. Et pour cause, nos cavaliers manquent encore de repères en ce début de saison extérieure.

"Hormis Turbo et Chatman (NdlR : les montures de Jos Lansink et de Ludo Philippaerts), nos chevaux n'ont encore jamais sauté un CSIO cinq étoiles. C'est le cas de Tymoon, le cheval de Dirk Demeersman, mais aussi des miens, Vigo d'Arsouilles et Ulysse. Ils ont réalisé de bons résultats dans des Grand Prix deux et trois étoiles mais ils doivent aujourd'hui passer le cap. J'ai confiance, ils possèdent beaucoup de qualités."

De retour dans les rangs du "Lami-cell Jumping Team", Philippe Le Jeune aura aujourd'hui la lourde tâche d'entamer la compétition, côté belge. Cela ne semble toutefois pas contrarier l'expérimenter cavalier de Lennik qui fêtera ses 47 ans le 15 juin. "J'ai toujours débuté en premier au sein de l'équipe. C'est ma place, déclare-t-il. Heureusement, je bénéficierai malgré tout d'un certain confort puisque la Belgique sera la dernière des huit nations à s'élancer. Cela me permettra de prendre certaines informations avant d'entrer en piste..."

Et c'est finalement avec Vigo d'Arsouilles que Philippe Le Jeune a décidé de représenter la Belgique dans la Coupe des nations de La Baule. "Vigo est en forme. Il a été convoité par des acheteurs étrangers mais comme il s'agit d'un étalon reproducteur, il n'est pas à vendre. Cela m'arrange et cela me permet surtout de travailler sur le long terme. Mon objectif ? J'espère débuter l'épreuve par un parcours sans-faute, histoire de soulager mes coéquipiers. Si je commence bien, ils pourront monter de manière plus libérée."