Le charme de la Coupe, l'état d'esprit particulier qu'elle génère et le fait que les habituels favoris ne le sont plus une fois plongés dans le cadre de celle-ci... tout cela s'est vérifié samedi soir. A l'occasion des demi-finales qui se sont apparentées à une exceptionnelle propagande pour le basket-ball. Car le Schiervelde a, ce jour-là, été le théâtre de deux des plus belles rencontres de la saison. Spectacle, suspense, retournements de situation, motivation peu commune, extériorisation des joueurs, un vent de folie a soufflé sur Roulers et tout le monde était unanime sur la qualité du spectacle offert.

Dès la première joute de la journée, Liégeois et Carolos se sont livré à un duel au sommet. Légèrement dominé, dans un premier temps, par des Spirou mis sur orbite par la paire Moors-Stas. Mais au fil des minutes, et surtout en 2e mi-temps Huger et Janicenoks sont venus prêter main forte à Biggs et Moss, qui s'étaient démenés jusque-là. De sorte que l'avantage changea de camp (22-23 pour Charleroi, puis 47-53, 69-74) lorsque Huger planta un tir primé à la 33e minute. En état de grâce, le New Yorkais allait emmener ses troupes face à des Carolos qui tiraient la langue. Les deux équipes jouaient juste et ne laissaient que peu de déchets jusqu'à 101-101, avant que Biggs et Janicenoks ne propulsent Liège en finale.

«Notre mérite aura été de rester constamment dans le coup, même en étant menés de 7 ou 9 points», constata Giovanni Bozzi. «Trop limités en première mi-temps pour espérer battre Charleroi, il a fallu que des joueurs commu Huger haussent leur niveau de jeu. Et après ne pas avoir su tuer le match, nous aurions pu accuser le coup mentalement. Pourtant, je dois féliciter mes joueurs qui ont démarré cette prolongation par un 8-0. Cette finale constitue une belle récompense pour les joueurs et ceux qui gravitent autour de ce jeune club...»

De son côté, la mine un peu déconfite, Savo Vucevic ne cachait pas que le visage affiché par les Spirou en ce moment ne correspond pas vraiment à ce que l'on attend d'eux. «On m'a dit que Faison n'était pas totalement en état de jouer et nous aurons encore besoin de Marcus pour la suite du championnat», expliqua le Serbo-Monténégrin. «Nous avons manqué de joueurs d'impact et nous nous sommes montrés trop faibles sur les positions extérieures. Nos nouveaux joueurs n'ont, en effet, pas assimilé notre façon de défendre.»

Les Spirou, équipe taillée pour la gagne, venaient donc de subir la loi de la Coupe. D'une compétition dans laquelle le droit à l'erreur n'est pas permis, sous peine d'en être écarté. D'un Final 4 qui suscita l'enthousiasme des joueurs comme rarement. Comment ne pas se réjouir, en effet, de voir un Joey Beard, virevoltant, inviter le public à une liesse collective après un dunk tonitruant?

Car la deuxième demi-finale ne fut pas moins excitante. Après un excellent départ de Bree, bien emmené par Mason (11-2), Christophe Beghin ne tarda pas à mettre les Côtiers dans le match. Et chaque équipe s'offrit alors, tour à tour, de bonnes séquences (21-18, 35-40, 60-55). Tantôt sous l'impulsion de la paire américaine Gardner-Ross, tantôt via Dupont côté limbourgeois. Et dans la dernière ligne droite, c'est Quinton Ross qui mit à profit l'excellente défense mise en place par Boniciolli pour envoyer les siens en finale, non sans que Bree ne s'accroche jusqu'au bout.