Il ne se passe décidément pas une semaine sans que le sport belge ne soit rongé de l'intérieur par une affaire extra-sportive ! La dernière touche le sommet de la pyramide puisqu'elle a trait au COIB, première instance du sport belge.

Dans son édition de mardi, le quotidien "De Morgen" révèle, en tout cas, que le Comité olympique et interfédéral belge aurait mis sur pied, les années passées, avec ses partenaires commerciaux, un système par lequel l'argent destiné au sport de haut niveau était détourné et reversé à des entreprises.

En clair : cela signifie que la plus grande instance sportive de notre pays aurait payé dans les stades de football des loges, des business-seats et des panneaux publicitaires à ses partenaires financiers. Le quotidien néerlandophone va même plus loin en affirmant qu'en 2002, le COIB, présidé à l'époque par François Narmon, a pris à son compte et au nom de ses sponsors un montant record de 570 000 euros dans les stades de notre pays.

Bert Anciaux, ministre flamand des Sports, a abordé cette affaire avec le parquet sans s'avancer sur ses conséquences. "Le COIB a un accord de partenariat avec le gouvernement flamand afin de soutenir et promouvoir le sport d'élite. Or les pratiques dont nous parlons ici n'ont rien à voir avec cet accord", a-t-il déclaré.

Le secrétaire d'Etat aux Entreprises publiques, Bruno Tuybens, a lui demandé au commissaire de la Communauté flamande auprès de la Loterie nationale d'établir un rapport concernant le carrousel financier qui aurait été organisé au sein du COIB. Le ministre n'entend toutefois pas se prononcer dans l'immédiat sur l'existence de faits qui relèveraient de l'utilisation frauduleuse de sommes d'argent.

Il faut savoir que, pour la Loterie nationale, le COIB a payé 24 000 euros de sponsoring au club cycliste Olympia Tienen. Ces flux financiers troubles - 1,7 million d'euros sur trois millions de recettes de la tombola entre 2002 et 2005 - concernent des tombolas organisées pour une bonne cause. Sur ce point précis, le COIB dispose toutefois d'une licence émanant du ministère de l'Intérieur.

Reste la question de l'éthique. Le COIB doit consacrer la moitié de la recette à une bonne cause de son ASBL, au soutien au sport de haut niveau et à la préparation des athlètes belges aux Jeux olympiques. En réalité, ce n'est donc qu'une partie de ces recettes qui intervient directement dans le sport de haut niveau.

En attendant de savoir quelles seront les conséquences de cette affaire, le mécanisme utilisé par le COIB aurait pu être utile afin d'éviter de trop grandes taxations en tous genres.