Sans aucun doute alerté par la faible représentation francophone actuelle aux Jeux olympiques d'Athènes (un rapport de cinq sur cinquante), le monde sportif francophone a décidé de prendre le taureau par les cornes au lendemain des élections. C'est ainsi que Philippe Housiaux, en association avec l'AISF (Association interfédérale du sport francophone), l'AES (Association des établissements sportifs) et l'AFFSS (Association francophone des fédérations sportives scolaires), a synthétisé dans un document les attentes et les défis que se disent prêtes à relever les différentes entités sportives francophones. Une véritable politique sportive, cohérente et efficace, est peut-être née à l'entame de la nouvelle législature. «Il n'y a plus une minute à perdre. Si on ne fait pas bouger les choses dès maintenant, ce n'est plus dix ans de retard sur les néerlandophones que nous accuserons mais carrément un siècle!» clame Alexandre Walnier, de l'AFFSS, faisant allusion aux initiatives qui ne cessent de se multiplier dans le domaine au nord du pays sous l'impulsion du ministre Marino Keulen.

Académie Wallonie-Bruxelles

Transmis aux deux formateurs, le programme, qui préconise notamment la création d'une Académie Wallonie-Bruxelles de formation au sport et d'une cellule interministérielle autour des matières sportives, s'articule autour de dix grands axes: l'investissement dans un encadrement de qualité, la création d'emploi, la création de conditions d'intégration du sport dans la cité, le rapprochement des générations et la resocialisation d'autres, l'attribution de moyens financiers pour le sport en Communauté française, une meilleure interaction entre les acteurs responsables des infrastructures sportives, la promotion auprès d'anciens sportifs du rôle d'ambassadeurs du sport, le replacement de l'éthique au coeur de la pratique sportive, la mise en place d'une politique de sport de haut niveau et, enfin, le développement du sport événementiel comme vecteur socio-économique. «Notre volonté est de dire aux politiciens que le monde sportif francophone est prêt à relever le pari d'une nouvelle politique avec l'aide, cela nous semble indispensable, d'un ministre regroupant l'ensemble des compétences liées au sport. Je pense que le message est bien passé auprès d'eux», estime Philippe Housiaux.

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