De nombreux athlètes, dont les Diables Rouges qui vont participer à l'Euro 2020, se feront vacciner dans les prochaines semaines. Une situation qui risque de poser des problèmes selon Jacques Borlée. Il affirme en effet que les sportifs connaissent une baisse de 10 à 20% de leurs performances dans les jours qui suivent l'injection de leur première dose de vaccin.

Marc Francaux, professeur de physiologie de l'exercice à l'UCL, suggère également cette possibilité: "Il n'y aucune étude scientifique qui prouve cela de manière irréfutable mais un nombre d'observations laissent à penser que certains athlètes sont impactés", explique-t-il. "Cela n'est pas étonnant au vu du fonctionnement des vaccins. Ce qui l'est plus, c'est la durée sur laquelle ces athlètes voient leurs performances diminuer", ajoute-t-il. "Nous n'avons pas de données chiffrées mais a priori cela peut aller jusqu'à 4 jours". Cependant, selon Francaux, cette baisse de régime serait plutôt de l'ordre des 5%. Pour le professeur, ces contre-performances ne sont pas dans la tête des athlètes: "C'est trop systématique", affirme-t-il. "Cela ne veut pas dire qu'ils ne doivent pas se faire vacciner mais il faudrait tenir compte de leur programme d'entraînement et de compétition pour les vacciner", conclut-il.

Même son de cloche pour Jacques Borlée: "Début juin, nous sommes censés recevoir une 2e dose qui risque de perturber les performances des athlètes lors des compétitions". En référence à l'Euro, il précise par exemple que dans 75% des cas, le résultat d'un match de foot se joue dans les 15 dernières minutes: "Les footballeurs sont plutôt dans un système d'explosivité et c'est donc plutôt en fin de match, où il y a plus d'acide lactique dans les organismes, qu'il peut y avoir des perturbations". Pour rappel, l'Euro 2020 débutera le 12 juin et nos Diables Rouges devraient être vaccinés au début du mois prochain.

De son côté, le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem reconnaît qu'il s'agit d'une situation inédite: "On découvre un nouveau monde. Nous n'avons jamais eu une vaccination massive d'autant d'individus et on sait que cela peut altérer les performances", explique-t-il.