Dernier arrivé au sein de la délégation belge, Kevin Van der Perren doit sa sélection tardive pour les Jeux olympiques de Salt Lake City à sa très bonne tenue lors des championnats d’Europe de patinage artistique qui se sont déroulés à Lausanne.

L’habitant de Ninove y avait terminé à la treizième place à l’issue du programme libre du 17 janvier dernier et avait obtenu du Comité interfédéral belge le droit de s’envoler pour les Etats-Unis.

Kevin avait déjà réussi les minima olympiques depuis novembre mais… “Il devait terminer dans les douze premiers pour remplir les conditions du Comité interfédéral belge”, précise Roger Vanmeerbeeck, président de la commission de sélection au COIB. “Notre patineur a finalement terminé au treizième rang mais nous avons retiré du classement final les deux Français qui le précédaient car ils ne participaient pas aux Jeux. Kevin se classe dès lors onzième et répond à tous les critères de sélection.”

SANS PRESSION

Auteur de progrès fulgurant en un an, le jeune (19 ans) patineur de Liedekerke ne pouvait pas rater un tel événement et Linda Van Troyen, son entraîneur, est ravie d’accompagner son poulain aux Etats-Unis.

“Kevin est simplement le plus grand talent que la Belgique ait connu en patinage artistique, déclare-t-elle. Il a fait d’énorme progrès en technique et il est passé en une année de la 23e à la 13e place lors des Championnats d’Europe !”

Des résultats remarquables et remarqués par de nombreux entraîneurs et non des moindres. C’est ainsi que Kevin passera le mois d’août en compagnie de l’entraîneur du champion du monde Evgueni Plushenko! De son côté, notre compatriote ne souhaite pas se mettre la pression et considère ses Jeux comme une simple compétition. Celle-ci débutera cette nuit (entre 1h15 et 5h30) avec la première épreuve, celle qu’il redoute le plus: le programme court.

“C’est un programme imposé de deux minutes quarante et c’est plus important que le programme libre, explique Kevin Van der Perren. Le patinage est une discipline dangereuse. En si peu de temps, on peut rater beaucoup de chose. Il faudra arriver dans les vingt-quatre premiers au terme de cette épreuve.”

Au village olympique depuis une semaine, notre jeune athlète effectue un travail quotidien loin d’être astreignant. "Je m’entraîne deux fois par jour. Une heure le matin et une heure l’après-midi. Je travaille la technique, le physique et je peaufine ma reprise. Ce n’est pas énorme comme masse de travail mais c’est normal avant une compétition. Les entraînements ne sont d’ailleurs pas très importants. C’est l’épreuve qui l’est.”

Quoi qu’il advienne, Kevin donnera le meilleur de lui-même et ne gardera pas de séquelle d’une éventuelle élimination. “Je suis déjà très content d’être ici, confirme-t-il. J’espère bien sûr terminer dans les vingt-quatre premiers mais ce ne serait pas une catastrophe d’échouer. Je suis là pour apprendre et je vais de toute façon me donner à cent pour cent. Ma motivation est énorme. Je n’ai jamais l’occasion en Belgique de fréquenter les meilleurs patineurs du monde. Ici c’est le cas et mes sensations sont très bonnes sur la glace. Linda est du même avis.”