Ce soir, en Ukraine, les Belges disputeront le cinquième de leurs six matches qualificatifs pour l'Euro 2005. Que les Lions - sauf miracle - ne disputeront pas. Toujours sans Sergeant, ni Struelens, ni Van den Spiegel, les jeunes troupes de Giovanni Bozzi tenteront de confirmer leur bonne prestation de samedi face à la Hongrie.

Dans le même temps, en Belgique, une réflexion est née concernant la formation des jeunes et la nécessité de leur permettre d'évoluer au plus haut niveau. «Lundi, j'ai eu une réunion avec plusieurs députés flamands», explique Guy Vervaeke, président de la Ligue. Une Ligue dont on attend qu'elle prenne vraiment le taureau par les cornes. «C'est prévu, ajoute Vervaeke. Il est temps que toutes les parties concernées se mettent autour de la table.» Soit la Ligue, la fédération belge et les clubs. Mais aussi les politiciens sans qui il est impossible de changer les choses en Belgique.

Que faire pour augmenter le nombre de Belges appartenant à l'élite? Limiter le nombre d'étrangers comme cela se fait en Espagne et en Italie? «Cela paraît évident, précise Thierry Wilquin, mais il est difficile de protéger les joueurs belges sans aller à l'encontre des lois économiques et sportives.» Eric Somme, président de Charleroi, renchérit: «Lancer des jeunes belges dans la bagarre serait néfaste à court terme pour les équipes qui jouent la Coupe d'Europe. Elles y perdraient une partie de leur compétitivité.»

Pourquoi, dès lors, ne pas créer un centre de formation, voire un championnat espoirs, comme cela se fait déjà en France? «L'idée est bonne, avoue Wilquin. Encore faut-il que tous les dirigeants soient motivés par une compétition espoirs. Ce dont je doute.»

Tout le monde gagnant

Dans le cadre d'un centre de formation pour les 16-20 ans, on pourrait envisager d'inscrire une équipe représentative en division 2, toujours sur base du modèle français. Dans ce cas, bien sûr, il faudrait inévitablement libérer des subsides à cet effet.

«On doit se pencher sur la question de l'utilisation de l'argent. Peut-être y a-t-il moyen d'en améliorer l'usage ou de subventionner ce centre par l'Etat», dit Vervaeke.

Une chose est sûre: à long terme, tout le monde sortirait gagnant de pareille initiative.

© Les Sports 2004