Les Russes Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze sont devenus champions olympiques des couples de patinage artistique, lundi, à Salt Lake City, devançant de très peu les Canadiens Jamie Salé et David Pelletier, tandis que les Chinois Xue Shen et Zhao Hongbo s’emparaient de la médaille de bronze.

Les Russes, Champions du monde 1998 et 1999, ont remporté les deux épreuves des programmes court et libre pour faire encore mieux qu’en 1998, à Nagano, où le titre olympique leur avait échappé au profit de leurs compatriotes Oksana Kazakova et Artur Dmitriev, qui ont depuis arrêté la compétition.

Ils ont dû pour y parvenir déployer toute l’étendue de leurs talents face à la résistance acharnée des Canadiens, qui les avaient battus l’année dernière, aux Mondiaux de Vancouver (Canada).

Salé et Pelletier évoluaient, il est vrai, comme à domicile, portés par une foule enthousiaste. Faute de compétitivité des Américains Kyoko Ina et John Zimmerman, 5e, le public a reporté toute son énergie partisane sur les Canadiens.

Au style élégant et coulé de Berezhnaya et Sikharulidze, Salé et Pelletier ont opposé un patinage pétillant, spectaculaire, enlevé et joyeux, une prestation très nord-américaine sur la musique de Love story.

Un couple modèle

L’histoire d’amour a mal fini pour eux. Alors que la foule, debout, les acclamait encore, ils ont été soumis au cruel traitement de la douche écossaise.

Les notes techniques s’égrenaient en leur faveur et le titre se profilait. Ils étaient six fois cités premiers. Mais ils déchantaient très vite à l’énoncé des cotations artistiques qui elles, donnaient l’avantage définitif à leurs adversaires. En effet, cinq juges leur préféraient Berezhnaya et Sikhuralidze dans ce secteur, tandis qu’un sixième mettait les deux couples à égalité.

Au jeu des coefficients, cinq juges accordaient leur préférence aux Russes, tandis que les quatre autres se prononçaient en faveur des Canadiens. L’assistance, elle, avait fait son choix et huait copieusement une décision pourtant juste. Elle consacre un couple qui a considérablement fait évoluer la discipline, en dépit d’un petit accroc déjà oublié aux règles de la morale sportive qui a valu une suspension à Berezhnaya pour dopage.

Le déchirement de spectateurs et du couple laissait les Chinois, qui patinaient en dernière position, commencer leur exhibition dans l’indifférence. Mais la qualité de leur prestation allait bientôt rappeler à tous que la compétition n’était pas terminée. Et ils allaient décrocher avec un réel panache leur médaille de bronze.

Les trois couples qui sont montés sur le podium figurent également, dans un ordre différent, au classement 2002 du Grand Prix ISU (Fédération internationale) où les Canadiens sont en tête, devant les Chinois et les Russes, tous à égalité de points (24).