Le Russe Alexeï Yagudin a repris jeudi son sceptre de tsar de toutes les surfaces glacées, en remportant un troisième titre de champion d’Europe à Lausanne, avec une maestria digne d’un favori potentiel des jeux Olympiques d’hiver de Salt Lake City (Etats-Unis), qui débutent dans moins trois semaines.

Sur la plus haute marche du podium, il est encadré par son compatriote Alexander Abt, 26 ans, deuxième, et le Français Brian Joubert, 17 ans, troisième.

Yagudin a confirmé sa résurrection. Après trois sacre mondiaux en fin de XXe siècle (1998, 99 et 2000), il avait cédé le pas devant un prétendant ambitieux, son compatriote Evgeni Plushenko, absent des Championnats d’Europe. Mais avant cette échéance, Yagudin avait démontré qu’il était sur la voie de la reconquête en remportant la finale 2002 du Grand Prix ISU (Fédération internationale), à Kitchener (Canada).

C’était l’objectif avoué de ce gagneur, refusant de subir défaite sur défaite face à son compatriote et rival. Débarrassé d’une bonne dizaine de kilos et de ses angoisses grâce à ses préparateurs physique et psychologique, Yagudin est redevenu incomparable.

Ses adversaires sont aujourd’hui avertis. Les juges aussi ont pris conscience du phénomène.

Pourtant, la relève s’annonce. Plushenko a renoncé à Lausanne pour mieux préparer Salt Lake City. Abt, avec l’âge, a pris du volume et s’est accroché jusqu’au bout, réalisant un excellent programme libre. Mais c’est surtout la jeune garde qui menace les champions établis, à l’image de Joubert ou de l’adolescent suisse Stéphane Lambiel, 16 ans, quatrième, qui ne nourrissent aucun complexe et passent des quadruples sauts en compétition officielle sans aucune pression, comme à l’entraînement.

Ils ont recueilli les fruits savoureux. A leur performance s’associe une sélection olympique assurée pour Joubert et probable pour le Suisse, qui n’était pas acquise avant la compétition. (AFP)