Dans un final épique et éprouvant pour les nerfs jusqu’aux derniers souffles de vent, Yannick Bestaven (Maître Coq IV), a franchi cette nuit à 4 heures 19 minutes et 46 secondes la ligne d’arrivée du Vendée Globe en troisième position mais a été déclaré vainqueur en raison des 10h15 de compensations dont il bénéficiait pour avoir participé au sauvetage de Kevin Escoffier en décembre dernier. Le natif de Saint-Nazaire, ingénieur de formation, âgé de 48 ans, deux fois vainqueur de la Transat Jacques-Vabre, a donc remporté l’Everest des mers lors de sa seconde participation, effaçant les douloureux souvenirs de son démâtage dans le golfe de Gascogne en 2012 quelques heures après le départ. En tête durant presque un mois, il fut le premier à passer le cap Horn. Mais la fête aura été de courte durée. Englué dans une zone sans vent, il a vu ses rivaux fondre sur lui et le dépasser. Découragé, presque désemparé, il a donné l’impression de baisser les bras mais, tenace, Yannick Bestaven a puisé dans ses derniers retranchements pour se relancer dans la course et clore un Vendée Globe d’exception en vainqueur. 
 
“C’est un rêve d’enfant qui se réalise. C’est magique, historique, énorme. J’ai pris une option différente et cela a payé lors des dernières heures. Cela fut suffisant pour gagner avec le bonus des heures de compensation. Je savais que j’avais un bateau fiable et que je pouvais encore y croire malgré tous les aléas cette course hors norme où l’on est en permanence sur le qui-vive,” expliquait Yannick Bestaven avec sa gueule de marin, les traits tirés et les cheveux ébouriffés, rappelant les traits de Titouan Lamazou, premier vainqueur du Vendée lors de la première édition en 1990.
Yannick Bestaven est donc arrivé un peu moins de 8 heures derrière Charlie Dalin. Après le sauvetage de Kevin Escoffier, le jury du Vendée Globe avait décidé qu’une fois la ligne d’arrivée franchie, le temps de course de Yannick Bestaven serait décompté de 10 heures et 15 minutes. 
 
Mercredi soir, Charlie Dalin sur son Imoca Apivia fut le premier à boucler le tour du monde mercredi à 20H35, suivi de Louis Burton (Bureau Vallée 2) quatre heures plus tard, mais aucun d’eux deux n’était concerné par des compensations et ils terminent donc respectivement deuxième et troisième du tour du monde en solitaire.
L’Allemand Boris Herrmann (SeaExplorer-Yacht Club de Monaco) bénéficie lui aussi d’une compensation de six heures après le sauvetage de Kevin Escoffier mais il a heurté un chalutier mercredi soir et devrait désormais arriver fin de matinée ce jeudi, selon l’organisation de la course.