Un seul titre pour les francophones

Championnat de Belgique pour tennis (wo) men en devenir, la Coupe de Borman était, cette année, orpheline de la série A. Hasard malheureux, c'est l'année du centième anniversaire de la Fédération que ce tableau a été rayé des listes, faute de sponsors et sans doute victime de son manque de représentativité.

Christophe Blaivie
Un seul titre pour les francophones
©Blaivie

Championnat de Belgique pour tennis (wo) men en devenir, la Coupe de Borman était, cette année, orpheline de la série A. Hasard malheureux, c'est l'année du centième anniversaire de la Fédération que ce tableau a été rayé des listes, faute de sponsors et sans doute victime de son manque de représentativité. En effet, il y a quelques années déjà que nos plus fines raquettes préfèrent rester sur le circuit plutôt que de revenir en Belgique et retrouver une surface qui n'est plus d'actualité pour elles à cette époque de l'année.

Bref, la `de Borman´ retrouvait son caractère exclusif avec ses avantages et ses inconvénients. Ainsi, si les jeunes, et uniquement eux, ont focalisé l'attention du public, ce n'est qu'avec parcimonie que celui-ci s'est déplacé au Léopold. Soit un aréopage de parents, de coachs et d'initiés pour un événement tennistique un peu trop intime. Qu'à cela ne tienne, le prestige de la compétition et la beauté de son cadre sont autant d'éléments qui opèrent comme par magie chez des jeunes qui ont dû s'extirper de sélections régionales pour avoir l'honneur d'en découdre dans la capitale. Tennistiquement parlant, ce fut une bonne cuvée avec des enseignements intéressants à tirer pour les techniciens.

Retour d'une série Abis?

Ainsi, la catégorie des préminimes a été remise au goût du jour après une longue éclipse. Quant à celle des juniors, supprimée parce que les meilleurs jouaient en priorité la série A, sa remise sur pieds n'est pas d'actualité: `Cette catégorie n'est pratiquement plus jouée nulle part, nous disait le Président Yves Freson. Les meilleurs juniors sont également sur le circuit, c'est d'autant plus vrai chez les filles. Nous serions donc confrontés au même problème que pour la série A.´ Par contre, pour l'année prochaine, une série `Abis´ pourrait être portée sur les fonts baptismaux: `Il y a une demande de nos B-15.4 ou B-15.2, l'idée a fusé à l'occasion de la de Borman, elle mérite d'être creusée. Personnellement, j'estime qu'un gros tournoi belge ne pourrait que revaloriser la présence des jeunes.´ Par rapport à un sentiment général, la Coupe de Borman aurait un peu perdu de son lustre d'antan, Yves Freson était plus mesuré: `On est toujours un peu nostalgique de son passé. Je crois que la `de Borman´ reste et restera un événement majeur du calendrier pour jeunes mais c'est vrai que les tournois importants se sont multipliés ces dernières années. A une époque, il n'y avait que l'Espérance et la `de Borman´, maintenant, les sollicitations sont nombreuses. Mais, je le répète, excepté sur blessure ou cas de force majeure, tous les meilleurs jeunes étaient au Léopold... Nous avons d'ailleurs vécu de très beaux matches.´

Un seul titre AFT

Côté francophone, avec un seul titre, il n'y avait pas de quoi pavoiser, même si Jean-Claude Moretti, directeur sportif de l'AFT relativisait: `Les titres c'est bien mais ce qui est plus important, c'est la progression des joueurs et joueuses. Ainsi, nous avons placé en quarts de finale ou même dans le dernier carré des jeunes qui n'en sont qu'à leur première année de catégorie. Il faudra les revoir avec un an de plus... En terme de titres, l'édition prochaine devrait être plus souriante mais, je le répète, ce n'est pas là le plus important.´

Champion de Belgique chez les préminimes, catégorie (ré) introduite cette année, Charly Geurinckx (Bjorn's, Farciennes) est le porte-drapeau d'une génération spontanée de tout petits: `Nous avons une petite dizaine de préminimes qui ont des dispositions, c'est rare d'en avoir autant. A cet âge-là, le chemin est encore long et semé d'embûches mais c'est prometteur et signe que le mini-tennis porte ses fruits.´

Dans les autres tableaux, les francophones furent plus discrets même si David Goffin (Barchon), malade, s'est incliné en demi-finales minimes. Chez les cadets, l'AFT a joué de malchance en se privant de trois éléments: Frédéric Defays était blessé, Nicolas Preux s'est blessé en sélections régionales et Julien Dubail a tout simplement oublié de s'inscrire lors de ces mêmes sélections régionales... La route était donc libre pour Michiel Antheunis, un solide Diestois qui écrasa la catégorie. En scolaires garçons, c'est Yannick Mertens (1re année), le fils de Kris Mertens, qui créa la surprise en disposant de Niels Desein, le grand favori. Chez les scolaires, Barbara Laurent (Championne de Belgique Cadettes) s'est inclinée d'entrée face à Sophie Szpalski, élève du BATD. Tatiana Cutrona (1re année également), se hissait dans le dernier carré pour perdre en trois sets face à la future lauréate, Stéfanie De Laet. Chez les cadettes, Laurence Preux (Fontainois), élève du BATD, aurait pu remporter la finale si elle n'avait pas craqué mentalement.

Bref, une bonne cuvée sportive mais une organisation qui a un peu perdu de son cachet. Reste les installations du Léopold pour sauver les apparences...

© Les Sports 2002