Kim, le diamant d'Anvers

Finaliste malheureuse l'an dernier contre une certaine Venus Williams, la Limbourgeoise a battu pour la sixième fois en autant de confrontations Silvia Farina Elia (WTA 19) en deux sets 6-3, 6-0 pour s'adjuger son premier titre en Belgique et le 21e de sa carrière.

Serge Fayat
Kim, le diamant d'Anvers
©Belga

Elle a levé les bras presque comme si elle avait remporté sa première levée du Grand Chelem. Kim Clijsters (WTA 2) a inscrit, dimanche, son nom au palmarès de la troisième édition des Proximus Diamond Games Antwerp. Finaliste malheureuse l'an dernier contre une certaine Venus Williams, la Limbourgeoise a battu pour la sixième fois en autant de confrontations Silvia Farina Elia (WTA 19) en deux sets 6-3, 6-0 pour s'adjuger son premier titre en Belgique et le 21e de sa carrière.

«Il s'agit de l'une de mes plus belles victoires, sourit-elle. Je suis très heureuse de m'être imposée mais je suis quelque part également triste que ce soit déjà fini. Anvers s'est taillé la réputation d'être l'un des tournois les plus chouettes de l'année. Ce n'est pas pour rien que Venus Williams s'est excusée personnellement auprès de Bob Verbeeck. Cette semaine est passée tellement vite...»

Tout est donc bien qui finit bien. Après toutes les mésaventures qu'il a connues, le tournoi d'Anvers aura eu la lauréate qui lui importait. Comme contre Magdalena Maleeva, vendredi, au stade des quarts de finale, le suspense n'aura duré que l'espace d'un set.

Consciente du poids des responsabilités qui pesait sur ses larges épaules, Kim Clijsters aura, en fait, dû attendre sa septième balle de break lors du huitième jeu pour prendre l'ascendant et filer vers une victoire somme toute bien plus évidente qu'elle ne l'aurait imaginé.

«Lleyton a gagné? Yes!»

«Ce jeu fut effectivement crucial. Elle a accusé le coup tandis que moi j'ai été lancée, puisque je n'ai plus perdu le moindre jeu par la suite. Le public a été merveilleux. L'ambiance ici n'a pas d'équivalent. Il n'y a pas de comparaison avec les levées du Grand Chelem. J'ai été très heureuse d'avoir pu prendre la raquette en diamants en mains ne fût-ce que l'espace de quelques instants. Cela m'a procuré une sensation fabuleuse. Elle est très lourde mais encore plus belle que derrière la vitre...»

La fête aura d'ailleurs été complète puisque dans le même temps, son fiancé Lleyton Hewitt s'est adjugé le tournoi de Rotterdam. Et coïncidence, il s'agissait également de son 21e succès... En finale, l'Australien, qui fêtera son 23e anniversaire mardi, a battu Juan Carlos Ferrero en trois sets. Sûr que les deux tourtereaux du tennis en auront des choses à célébrer durant les deux semaines de vacances qu'ils s'offriront à Bree avant de prendre le chemin d'Indian Wells.

«Yes! lança-t-elle en l'apprenant. J'avais prévu un petit dîner à la maison mais je ne sais pas s'il me reste des choses dans le frigo. Je crois que je vais devoir aller au GB. En outre, son coach a déjà testé les gaufres mardi dernier lorsqu'ils sont venus visiter Anvers. Je vais pouvoir me mettre aux fourneaux, sourit-elle. Je pense que nous allons surtout en profiter pour savourer...»

A voir la manière dont elle est présentée au public, ainsi qu'encouragée et acclamée à chacun de ses points gagnants, Kim Clijsters est clairement numéro un à Anvers. Justine Henin, quelque part, a raison de se concentrer sur d'autres échéances.

Le tournoi d'Anvers peut, le cas échéant, se passer d'elle sans problème...

au moment de porter la raquette.

© Les Sports 2004


«Kim était trop forte» Elle ne sait pas si elle la battra un jour. À la limite, peu importe. Silvia Farina Elia souhaitait surtout retenir la fabuleuse semaine qu'elle avait vécue à Anvers. «Kim était trop forte, analysa-t-elle. Elle ramène tellement de balles qu'il faut frapper des coups incroyables pour lui arracher un point. J'ai raté ce smash sur une balle pour revenir à 4-4 dans le premier set et, à partir de là, j'ai lâché à la fois mentalement et physiquement. Il n'empêche, j'ai savouré cette finale. Cela restera un très beau souvenir, même si j'ai perdu...» C'est qu'à 32 ans, Silvia Farina traverse l'une des périodes les plus fastes de sa carrière. Lauréate au tournoi de Strasbourg et quart de finaliste à Wimbledon l'an dernier, elle a continué sur sa lancée en atteignant à Anvers sa deuxième finale de la saison après celle de Canberra. «Le meilleur classement de ma carrière fut une onzième place. J'avoue que j'aimerais bien réussir à intégrer le Top 10 », sourit-elle. Cela n'a rien d'utopique...