«Henin est n°1. Pas Davenport»

Cheveux noirs, barbe de trois jours et lunettes de soleil posées sur le nez, il est l'homme qui se cache derrière le succès de Nadia Petrova. Ancien double champion des Pays-Bas, qui rencontra notamment à deux reprises Filip Dewulf sur le circuit satellite, Glen Schaap, 37 ans, est depuis près de sept ans le coach attitré de la joueuse russe qui défiera ce jeudi Justine Henin pour une place en finale Roland Garros.

SERGE FAYAT

ENVOYÉ SPÉCIAL À PARIS

Cheveux noirs, barbe de trois jours et lunettes de soleil posées sur le nez, il est l'homme qui se cache derrière le succès de Nadia Petrova. Ancien double champion des Pays-Bas, qui rencontra notamment à deux reprises Filip Dewulf sur le circuit satellite, Glen Schaap, 37 ans, est depuis près de sept ans le coach attitré de la joueuse russe qui défiera ce jeudi Justine Henin pour une place en finale Roland Garros.

Glen Schaap, comment se sent Nadia Petrova à la veille de sa demi-finale contre Justine Henin?

Bien. Nadia est en confiance. Elle doit encore jouer en double avec Meghann Shaughnessy. Cela lui permettra de se changer les idées...

Coment allez-vous aborder cette rencontre?

J'ai quelques idées... Nadia et Justine se sont déjà souvent rencontrées. Elles se connaissent bien. Nadia l'a même battue l'an dernier à l'US Open. Elle sait ce qu'elle devra faire. Nadia est une joueuse très dangereuse. Elle sert bien, elle est forte physiquement, elle a un bon coup droit, un revers régulier et elle n'est pas maladroite au filet. La différence, c'est que Justine a plus de classe. C'est ce qui la rend si particulière et fait qu'elle a déjà gagné trois levées du Grand Chelem.

Nadia peut-elle la battre sur terre battue?

Bien sûr. Personne n'est imbattable. La différence entre beaucoup de joueuses est minime. Il est clair, toutefois, que Justine est la favorite. Elle est une joueuse complète qui maîtrise tout et possède en outre une énorme force de caractère.

Où pensez-vous que Justine puisse être vulnérable?

Pour autant que l'on puisse lui trouver des points faibles, je dirais au service et en coup droit. Vous savez, Justine peut aussi craquer. Elle a connu des moments de fébrilité contre Kuznetsova et c'est là qu'il faudra porter l'estocade. Nadia ne bénéficiera peut-être que d'une ou de deux occasions, mais elle devra les saisir.

Et comment Nadia peut-elle éventuellement la dérégler?

Je vais le dire avec mes mots. Elle ne devra pas la suivre.

Il s'agira de sa deuxième demi-finale à Paris. Quel souvenir garde-t-elle de sa défaite contre Kim Clijsters il y a deux ans?

Il y a eu cette fameuse amortie qui heurta la bande du filet et retomba du côté de Nadia sur sa balle de premier set. Ce fut un tournant du match. Mais bon, c'est du passé. A sa sortie du court, Nadia n'était, d'ailleurs, pas trop déçue. Elle savait que cela faisait partie du sport. Depuis deux ans, elle a énormément progressé dans tous les compartiments du jeu. Elle a également acquis de l'expérience et est devenue plus calme.

Pourtant, elle n'a pas encore remporté le moindre tournoi...

Sincèrement, cela n'a aucune importance.

A Berlin, lors de sa finale contre Justine, la terre battue était très lourde. A Roland Garros, ce n'est pas le cas. Cela peut-il jouer en sa faveur?

Tout était lourd à Berlin. Et Nadia était arrivée en finale très fatiguée. Les conditions ici sont meilleures, mais à mes yeux, Justine est la n°1. Pas Davenport. Elle l'était avant ses ennuis de santé et elle le prouve depuis son retour. Elle inspire le respect. Si elle ne connaît pas un jour sans demain, je lui souhaite de ne pas en connaître un en finale. Ce serait dommage, car si elle bat Nadia, elle aura mérité de gagner le tournoi.

Mais au fond, comment un Néerlandais est-il devenu le coach d'une joueuse russe?

Je suis entré en contact avec elle via une connaissance. Avant elle, je m'étais déjà occupé de Brenda Schultz, Jennifer Capriati, Mirjana Lucic et Magdalena Maleeva. Si nous sommes toujours ensemble, c'est que cela me plaît de travailler avec elle et qu'elle convenait aux critères que j'estime nécessaires pour réussir.

© Les Sports 2005

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