Cette équipe belge a un bel avenir

L'équipe belge de Coupe Davis est bonne pour disputer, du 19 au 21 septembre prochain, un nouveau match de barrage pour assurer sa place dans le Groupe Mondial. Il ne s'agit ni d'une surprise ni d'un scandale.

Cette équipe belge a un bel avenir
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Serge Fayat

L'équipe belge de Coupe Davis est bonne pour disputer, du 19 au 21 septembre prochain, un nouveau match de barrage pour assurer sa place dans le Groupe Mondial. Il ne s'agit ni d'une surprise ni d'un scandale. C'est tout simplement le résultat d'une défaite en République tchèque consommée dès le samedi soir à la suite de la perte d'un double épique et scellée finalement sur le score de 3-2 dimanche après les deux derniers simples pour du beurre. "Les Tchèques étaient les plus forts, mais mes joueurs ont donné tout ce qu'ils avaient et se sont battus jusqu'au bout pour tenter de renverser le cours des événements", confie le capitaine Julien Hoferlin, légitimement déçu. "Je ne peux que les féliciter pour l'état d'esprit qu'ils ont affiché tout au long de cette semaine. Je suis fier d'eux. À l'arrivée, seul le résultat est négatif..."

Les Belges, effectivement, sont loin d'avoir démérité sur la moquette de la CEZ Arena d'Ostrava où ils s'alignaient sans Xavier Malisse, parti à Delray Beach, et avec un Olivier Rochus diminué par des pépins physiques. Ils auront même montré de belles choses et auraient tout à fait pu, avec un brin d'efficacité supplémentaire, remporter un double très bizarre lors duquel ils servirent pour mener deux manches à zéro après avoir écarté cinq balles de premier set. "Le jeu de 5-4 dans la deuxième manche, où nous avons servi pour mener deux sets à rien, a finalement été le tournant du match. C'est dommage car à ce moment-là, nous étions bien partis pour l'emporter. En fin de rencontre, nous avons eu l'une ou l'autre décision arbitrale en notre défaveur, mais ce n'est pas cela qui a causé notre défaite", ajouta Hoferlin à l'issue de la rencontre, tandis que les Tchèques, qualifiés pour la première fois depuis 2002 pour les quarts de finale, fêtaient leur succès par une danse collective à même le court devant un public en délire.

Il est clair que la Belgique savait que ce voyage en République tchèque ne serait pas une sinécure. Julien Hoferlin avait lui-même dit qu'une victoire relèverait du miracle. Simplement, avec trois défaites en deux jours, et deux sets pris lors des trois premiers matches, les chiffres furent durs, d'autant qu'ils ne reflétaient pas la physionomie des débats. Si Tomas Berdych était intouchable lors du premier match, les Belges ont eu des possibilités de faire douter les Tchèques dans les deux suivants, mais ils ne les ont pas saisies. Et dans le sport de haut niveau, cela se paye cash... "Berdych a joué de manière incroyable, comme un joueur du "Top 5" . Kristof a livré un bon match, mais il était simplement trop fort. Même Olivier en pleine possession de ses moyens aurait perdu contre lui. Pour Steve, les choses furent différentes. Il a eu des occasions dans chaque set contre Stepanek. Il ne méritait pas de perdre sur un score aussi sévère de trois manches à rien. Mais bon, ce fut une bonne expérience pour lui..."

L'expérience, voilà sans doute ce qu'il aura manqué à la Belgique, à Ostrava. Gageons que cela lui servira, dans sept mois, lorsqu'elle devra jouer sa survie dans ce Groupe Mondial contre l'un des autres battus du premier tour ou un vainqueur de Zone continentale. La bonne nouvelle, d'ailleurs, c'est qu'elle sera tête de série, ce qui lui permettra d'éviter une grande nation comme l'Australie, la Croatie ou la Serbie. Avec ce qu'elle a montré ce week-end, elle a, en tout cas, toutes ses chances. "Il ne faut pas se focaliser uniquement sur le résultat. Je retiens également la mentalité exemplaire dont ont fait preuve mes joueurs. Il n'y a pas eu la moindre tension de toute la semaine, ce qui n'avait pas été le cas en 2007. Un garçon comme Steve a prouvé qu'il était prêt pour jouer en Coupe Davis lors des cinq prochaines années. Cette équipe a vraiment un bel avenir devant elle..." conclut le capitaine.


Les débuts de Bemelmans Le score de la rencontre étant acquis depuis le samedi soir, Julien Hoferlin en a profité pour faire jouer les deux jeunes lors des derniers simples, dimanche. C'est ainsi que Ruben Bemelmans a pu faire ses grands débuts à Ostrava dans cette Coupe Davis. Le Genkois, à 20 ans, pur produit de la VTV, l'aile flamande de la Fédération, a disputé le dernier match contre le spécialiste de double Pavel Vizner. "Je n'aurais jamais osé l'imaginer", glissa-t-il. "J'étais déjà tout content de faire partie de l'équipe. Ce fut une belle surprise. J'ai vécu une très belle semaine où j'ai beaucoup appris." Le gaucher limbourgeois a même gagné son match, son adversaire abandonnant à 2-2 au troisième set. Il devra toutefois plus que probablement céder sa place en septembre à Xavier Malisse, dont la présence ne sera pas superflue pour les barrages. C'est que même tête de série, notre pays pourrait toujours tomber sur un gros morceau comme la Suisse d'un certain Roger Federer ou la Grande-Bretagne d'un Andy Murray, loin au classement ITF.