Une demi-finale un peu folle

Kim Clijsters est partie pour réaliser une scintillante deuxième carrière après avoir atteint l'apothéose de l'US Open à son troisième tournoi seulement depuis son retour à la compétition.

Serge Fayat
Une demi-finale un peu folle
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Kim Clijsters est partie pour réaliser une scintillante deuxième carrière après avoir atteint l'apothéose de l'US Open à son troisième tournoi seulement depuis son retour à la compétition. La Limbourgeoise a joué en prime time, dimanche tard dans la nuit, la finale contre la jeune Danoise Caroline Wozniacki (WTA 8) après avoir battu Serena Williams (WTA 2) 6-4, 7-5 dans une demi-finale qui s'acheva dans la controverse par la perte du match par l'Américaine sur un point de pénalité. Cela représente quelque chose de très particulier", confia-t-elle. "J'avoue que je ne réalise pas encore très bien. Je regrette simplement que ce match où je jouais si bien se soit terminé de cette manière. On veut toujours gagner le dernier point et suite à cet incident, la sensation de la victoire n'était pas vraiment là. Maintenant, cela ne m'enlève tout de même pas la joie d'avoir atteint la finale, après avoir disputé peut-être le meilleur match de ma carrière."

L'US Open avait déjà été le théâtre d'événements extravagants dans son histoire, mais encore jamais n'avait-il donné lieu à une fin de match aussi étrange que lors de cette demi-finale. Sanctionnée d'une faute de pied sur une deuxième balle à 6-4, 6-5, 15-30 en sa défaveur, Serena Williams hurla sa façon de penser à la juge de ligne pour perdre le match en encaissant un point de pénalité après avoir déjà pris un avertissement pour bris de raquette à la fin du premier set. "Het is klote (sic)", poursuivit la joueuse de Bree. "C'est malheureux. J'avoue que je n'ai pas compris ce qui s'est passé. J'étais surtout concentrée sur la balle de match et je me préparais à retourner son service lorsque je l'ai vue en grande discussion avec l'arbitre et la juge de ligne. Ce n'est pas dans l'esprit de jeu de signaler une faute de pied à ce moment-là. Proférer des insultes est interdit, mais je ne sais pas non plus ce qu'elle a dit, car j'étais trop loin."

Entre-temps, voilà Kim Clijsters de retour au firmament du tennis féminin par la plus grande des portes alors qu'elle vient à peine de reprendre la compétition après avoir donné naissance à une fille et rangé ses raquettes au placard pendant deux ans. L'ancienne première joueuse mondiale, lauréate de l'US Open en 2005, reconnaît que même dans ses rêves les plus fous, elle n'aurait pu imaginer pareil scénario. "Je suis très heureuse de la manière dont tout s'est passé jusqu'à présent, car beaucoup de choses ont changé ces deux dernières années. Comme je l'ai déjà dit, il y a eu comme un déclic après les tournois de Cincinnati et de Toronto, même si je ne m'attendais à battre si vite Venus et Serena. Simplement, j'ai essayé de produire mon meilleur tennis. Et je touche du bois pour que cela continue", conclut la Limbourgeoise, qui intégrera au minimum le Top 30 au lendemain du tournoi. Au minimum, car en cas de victoire contre Wozniacki, 9e joueuse mondiale, Kim Clijsters pourrait accéder à la 19e place mondiale et rentrer donc dans le top 20 à peine un mois et demi après son retour. Mais pour cela il lui aura fallu battre la Danoise cette nuit.

© La Libre Belgique 2009