Vers de nouveaux sommets

Les superlatifs manquent pour qualifier la saison 2009 de Kim Clijsters. Si elle a passé seulement un mois et demi devant les projecteurs, elle a œuvré étape par étape en coulisse avant de ravir le premier rôle sur le circuit à Flushing Meadows.

PORTRAIT THIBAUT VINEL
Vers de nouveaux sommets
©BELGA

Les superlatifs manquent pour qualifier la saison 2009 de Kim Clijsters. Si elle a passé seulement un mois et demi devant les projecteurs, elle a œuvré étape par étape en coulisse avant de ravir le premier rôle sur le circuit à Flushing Meadows.

Aidée par Bob Verbeeck, la native de Bree a minutieusement orchestré son retour au plus haut niveau. Commençant par disputer des rencontres exhibitions - pour inaugurer le toit amovible du central de Wimbledon avec André Agassi, Steffi Graf et Tim Henman ou face à Michaella Krajicek à Rosmalen - pour monter petit à petit dans les tours en s'essayant à Cincinnati avec un quart de finale et Toronto jusqu'en 8e de finale s'offrant au passage deux joueuses du top 10. La seconde carrière de la Limbourgeoise se poursuit dans la lignée de sa première vie sur le circuit.

Kim Clijsters avait mis fin à ses activités le 7 mai 2007, riche d'un palmarès étoffé malgré son jeune âge. Mais, tracassée par des blessures à répétitions et titillée par le désir croissant de fonder une famille, la native de Bree avait tiré sa révérence après dix saisons sur le circuit. A l'époque, convaincue par son choix, elle tenait le même discours qu'un Lance Armstrong. "Ce fut plus que beau. Les raquettes sont rangées. Après mes adieux fantastiques à Anvers, le feu s'était éteint", précisait jadis la Belge qui avait reçu un accueil de superstar lors de sa finale du Proximus Diamond Games qui symbolisait ses "adieux belges".

Durant ses 27 mois de retraite, la jeune femme a rattrapé le temps perdu. Après avoir mis sa vie privée entre parenthèses durant 10 ans, elle a vécu sa vie en toute simplicité, loin des médias. Ainsi, elle s'est mariée, à l'écart des caméras, avec le basketteur du club de Bree, Brian Lynch, avec lequel elle a donné naissance à une petite fille, Jada, en février 2008. Elle a aussi perdu son papa, Lei Clijsters, ex-Diable Rouge et Soulier d'Or en 1988, décédé le 4 janvier dernier.

Au même moment, une succession de "hasards" a remis Kim sur les rails de la WTA. "Tout est parti d'une invitation que j'ai reçue pour disputer l'exhibition à Wimbledon le 17 mai. Je voulais dès lors me montrer à la hauteur."

Ayant hérité de nombreux gènes sportifs, elle n'a donc pas résisté au chant des sirènes sportives. Jeune retraitée, elle a toujours eu le sport dans le sang. Née le 8 juin 1983, à Bilzen, Kim Clijsters est bercée dans les milieux sportifs dès ses premiers pas. Si son papa Lei est un footballeur internationalement reconnu, si sa maman Els est championne de Belgique de gymnastique, la jeune Kim optera pour un autre chemin sportif, celui du tennis. Avec tout autant de succès.

Avant de marcher sur New York, elle a débuté à 6 ans à Genk, au Tennisdel sous la direction de Bart Van Kerckhove de 1992 à 1996. Championne de Belgique à 11 ans, elle rejoint plus tard l'école de tennis de la Fédération néerlandophone de tennis à Wilrijk.

Cette structure de tennis-études est un tremplin efficace pour Kim qui fait notamment la connaissance de Carl Maes. Ce dernier la suivra lors des stages et des tournois à l'étranger et deviendra son coach de 1996 à juin 2002.

Avant de se lancer dans le grand bain de la WTA, la jeune Clijsters fait ses gammes en juniors. Avec succès à nouveau. Elle devient en 1998 la plus jeune championne de Belgique en série A (15 ans). Dans les tournois ITF, l'antichambre du circuit WTA, elle récolte également de bons résultats. Finalement, en mai 1999, elle fait ses grands débuts sur le circuit WTA à Anvers où elle frôle l'exploit en quarts de finale.

Dix-septième mondiale à seulement 17 ans, la saison suivante est celle de la confirmation avec une finale d'anthologie à Roland-Garros contre Capriati, deux "quarts" (à Wimbledon et à l'US Open) en Grand Chelem, en plus de trois nouveaux titres.

Kim Clijsters enchaîne les titres en simple, mais bloque longtemps en Grand Chelem, jusqu'en 2005. En août 2003, elle devient la première numéro un mondiale à ne pas avoir remporté de titres du Grand Chelem.

Après avoir tapé ses premières balles en décembre 2008, elle s'est jaugée en janvier face à Kirsten Flipkens. Ensuite, la rumeur d'un come-back enflant, elle a choisi de dévoiler au grand public sa nouvelle orientation. "C'était le bon moment pour vous dévoiler mon futur et mes plans", confia Kim Clijsters le 27 mars 2009. J'ai effectivement demandé des wild cards pour jouer à Cincinnati, à Toronto et à l'US Open. Cela en restera là pour l'instant. J'ai une autre vie désormais. Je suis maman, j'ai un mari, mon papa n'est plus là. Il faudra voir comment je parviendrai à combiner le tout et aussi comment mon corps réagira. Je reviens purement pour le plaisir et mon grand défi est de voir si j'en suis capable."

Capable, elle l'est, mais pour combien de temps encore ?

© La Libre Belgique 2009