Les voyants au vert pour un retour sur le circuit

Dans le cas précis de Justine Henin, plusieurs facteurs ont pu l’aider à sortir de sa retraite. Kim Clijsters a démontré de main de maître, en remportant l’US Open après 27 mois de retraite et une maternité, qu’un retour au plus haut niveau est possible. Les voyants au vert pour un retour sur le circuit

Th.V.

Dans le cas précis de Justine Henin, plusieurs facteurs ont pu l’aider à sortir de sa retraite. Kim Clijsters a démontré de main de maître, en remportant l’US Open après 27 mois de retraite et une maternité, qu’un retour au plus haut niveau est possible. Non seulement un tel retour est possible, mais dans des délais brefs grâce à deux arguments. Justine Henin n’a que 27 ans, c’est-à-dire qu’il lui reste quelques vertes années devant elle.

De plus, le niveau de la WTA en deux ans n’a pas suivi la même courbe que celui de l’ATP. Si certaines jeunes comme Azarenka ou Wozniacki ont percé au plus haut niveau, si quelques anciennes comme les sœurs Williams profitent de la pauvreté du niveau du circuit féminin, il est clair que Justine Henin peut toujours se targuer de posséder le jeu le plus talentueux du circuit. Même si elle devra encore le prouver sur les courts.

Malgré des activités tous azimuts, Justine Henin n’a jamais retrouvé la même adrénaline côté coulisse - télévision, théâtre, Unicef, études, Académie - que lorsqu’elle était côté cour, notamment lors de ses quatre titres à Roland- Garros ou lors de son épopée pékinoise l’ayant menée vers l’or olympique.

Un autre argument plaide pour son come-back. Physiquement, elle a eu largement le temps de se retaper. Vu les grands secrets qui entourent ses entraînements, il est difficile aujourd’hui d’évaluer précisément à quel niveau elle est exactement. Lors de sa "première carrière", Justine Henin avait flirté avec les limites de ses possibilités, les dépassant parfois. Avec à la clef des faiblesses à l’épaule, au pied et, surtout, au genou. Cette dernière blessure avait fait l’objet récemment d’une opération.

Néanmoins, certains sceptiques se retranchent derrière des arguments défavorables. Justine Henin a toujours déclaré sans ambiguïté que le tennis était très loin de ses préoccupations. Lors de la conférence de presse Unicef il y a 10 jours, elle avait répété avec aplomb la même litanie. Un moyen sans doute d’éviter d’attirer trop l’attention des médias.

Formatée depuis son plus jeune âge pour devenir numéro un mondiale, Justine Henin a toujours privilégié les résultats plutôt que la notion de plaisir. A partir du moment où le ressort s’est cassé, il semble peu probable que son amour pour le tennis soit revenu. Mais comme l’avait si bien chanté Brel, "on a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux".