Le "whereabouts" : un système fastidieux et intrusif

Les sportifs acceptent de se faire contrôler mais sont contre le système des "whereabouts" (devoir dire où l’on se trouvera dans les trois mois qui suivent). Dans l’affaire du coureur kazake Kashechkine, son défenseur de l’époque Me Luc Misson avait intenté une action en justice se basant sur le fait que le "whereabouts" était une atteinte à la vie privée.

J.B., P.G. et G.L.

Les sportifs acceptent de se faire contrôler mais sont contre le système des "whereabouts" (devoir dire où l’on se trouvera dans les trois mois qui suivent). Dans l’affaire du coureur kazake Kashechkine, son défenseur de l’époque Me Luc Misson avait intenté une action en justice se basant sur le fait que le "whereabouts" était une atteinte à la vie privée. Mais le coureur interrompit la procédure. Plusieurs sportifs (dont les footballeurs du KV Malines) ont tenté des actions. Le résultat fut un assouplissement en pratique des mesures. C’est ainsi que le plus souvent, les contrôles ont lieu à l’entraînement et non plus au domicile du sportif. Scandale en début de semaine en Espagne. Le cycliste Oscar Pereiro s’est vu contrôler dans les toilettes du resto où il mangeait en famille. Les contrôleurs pouvaient passer le matin. Ils sont arrivés l’après-midi. Ils trouvèrent porte clause à l’endroit convenu et appelèrent Oscar sur son portable. "Vous devez venir vous faire contrôler dans un hôtel." Refus. "Alors, nous arrivons au restaurant." Et la prise de sang et d’urine eut lieu dans les toilettes de l’établissement.

Dans le football belge aussi les contraintes sont lourdes, mais entre nord et sud du pays, on constate d’importantes différences de traitements. Par exemple, Chen, Gorius, Mununga et Rossini, francophones du FC Malinois, ne sont pas logés à la même enseigne qu’Olivier Renard, le portier du "KaVé". "Domicilié à Genk, je suis tenu à suivre le règlement de la communauté flamande et cours plus de risques que mes équipiers ! Nous ne sommes pas tous égaux en Belgique Au début de l’introduction de ce système, j’admets avoir un peu oublié mes obligations et ai été averti !"

Tous les dimanches, le FC Malinois rentre un préprogramme dans le système. "Dans la foulée, je dois me connecter et indiquer une heure de disponibilité par jour à mon domicile. En cas de changement de programme, je dois prévenir dans les plus brefs délais. La connexion et le fait de remplir les données requises, ce n’est guère compliqué. Par contre, tous les trois mois, il faut renouveler son inscription et j’avoue avoir besoin d’aide pour le faire, parce que je n’y arrive pas."

Pour l’haltérophile Tom Goegebeur, champion d’Europe en 2009, l’arsenal mis en place dans la lutte antidopage devient rapidement très fastidieux pour les athlètes : "Dans mon sport, la lutte contre le dopage a donné des résultats épatants depuis l’an 2000. Mais d’un autre côté, force est de constater que je perds énormément de temps à remplir le formulaire sur Internet. Le plus dur, c’est quand se présentent des imprévus. Cet été, j’étais allé à une fête de mariage, ce que j’avais signalé. Mais ayant un peu exagéré en matière de boisson, j’avais préféré, par mesure de prudence, loger sur place, et je n’avais pas signalé ce changement de dernière minute. Je risquais donc une suspension par distraction si les contrôleurs s’étaient présentés chez moi ce jour-là. Curieusement, les meilleurs dans ma discipline et dans ma catégorie de poids (56 kg) sont désormais des haltérophiles issus de pays où les contrôles par Internet ne doivent pas être la règle : Vietnam ou Thaïlande."

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