Djokovic dans le rôle du méchant : un procès populaire mais injuste

L'Autre Regard signé Miguel Tasso.

Djokovic dans le rôle du méchant : un procès populaire mais injuste
©AFP

Sommes-nous injustes avec Novak Djokovic ? Grâce à sa nouvelle victoire à Wimbledon, le Serbe a remporté son 20e titre en Grand Chelem et a rejoint Roger Federer et Rafael Nadal dans le livre des records. Il est numéro un mondial et pourrait même rejoindre dans la légende le grand Rod Laver en remportant, en une même année, les quatre Majeurs. Et pourtant, quelque part, Djokovic ne fait pas l’unanimité, un peu comme si sa candidature au rang de "meilleur joueur de tous les temps" (le fameux GOAT) dérangeait.

En fait, le grand public se satisfaisait parfaitement du duel bien balisé entre Roger Federer et Rafael Nadal. Le talent flamboyant, côté suisse, la force athlétique et le jusqu’au-boutisme, côté espagnol. C’était un peu l’eau et le feu. On adorait l’un, on détestait l’autre. Mais on admirait les deux. C’était un duel clair et fascinant. Un peu comme ceux qui ont opposé Borg à McEnroe, Messi à Cristiano, Prost à Senna, Coe à Ovett, Ali à Frazier, Woods à Mickelson, Anquetil à Poulidor.

Quelque part, Djoko - le troisième homme - s’est immiscé dans un vrai couple et a chamboulé un mano a mano légendaire qui passionnait toute la planète. Avec, en toile de fond, de vrais faux airs arrogants qui ont nui à sa légitimité et à sa popularité. Il reste que, malgré quelques zones d’ombre et ce rôle d’éternel mauvais, le héros de Belgrade est en train d’écrire l’histoire du tennis et du sport. Et qu’on le veuille ou non, cela ne se discute pas.