Ces dérapages de Nick Kyrgios qui dérangent et fascinent

On peut, au nom de l’esprit chevaleresque du sport, vouer Nick Kyrgios aux gémonies, lui reprocher sa vulgarité, ses sautes d’humeur, son arrogance.

Ces dérapages de Nick Kyrgios qui dérangent et fascinent
©AP

Dans le genre "bad boy" moderne, l’Australien n’a, de fait, pas d’égal. Et on peut même penser que ses grossières sorties de route sont, en soi, une insulte pure et dure à la grande tradition d’un tournoi comme Wimbledon. Mais, en même temps, force est d’admettre que le géant de Canberra est un hyperdoué du tennis et que son talent, teinté de nonchalance, est juste fascinant. En vérité, dans la lignée d’Ilie Nastase ou de John McEnroe, Nick Kyrgios est à la fois ange et démon. D’un côté, on abhorre son tempérament caractériel, ses colères inutiles et sa grossièreté naturelle. De l’autre, on est bluffé par son répertoire technique et sa facilité de jeu. Un peu comme on pouvait détester les indélicatesses de Serge Gainsbourg, côté pile, et adorer les paroles de ses chansons, côté face. Durant ce Wimbledon, Kyrgios a, comme de coutume, fait fi des bons usages du All England Club. Mais il a aussi enchanté le public par la magie de ses coups et sa désinvolture. Sa place en finale en fut la juste récompense. Oui, qu’on le veuille ou non, il apporte un zeste de folie dans un sport qui, parfois, a tendance à somnoler sur ses rails. Après, à chacun d’apprécier - ou… pas - le bon et le mauvais génie qui se nichent tantôt dans les cordes de sa raquette magique, tantôt dans ses cordes vocales.