Il sait encore jouer au tennis... Andy Roddick (ATP 6) a effectué un remarquable retour sur le devant de la scène en inscrivant, samedi, son nom au palmarès du prestigieux tournoi sur dur de Dubai, doté de 1 426 000 dollars, qui réunissait neuf des onze meilleurs joueurs mondiaux et qu'il disputait pour la première fois. En finale, l'Américain aux allures d'enfant hyperkinétique a battu Feliciano Lopez (ATP 41), l'invité surprise, 6-7 (8/10), 6-4 et 6-2 pour s'adjuger son deuxième titre de la saison et le 25e de sa carrière.

"Je suis très excité", confia le Texan, qui frappa 22 aces et ne dut pas écarter la moindre balle de break de tout le match. "J'avais dit il y a quelques semaines que ma décision de venir jouer ce tournoi était liée au désir de défier les meilleurs et je suis content d'y être parvenu. Le fait d'avoir gagné me laisse à penser qu'il s'agissait d'une bonne idée, sourit-il. Je suis surtout heureux de bien jouer au tennis à l'heure actuelle..."

Andy Roddick aura pratiqué un tennis supersonique aux portes du désert pour emporter tous ses adversaires dans un tourbillon. S'appuyant sur un service dévastateur, avec des pointes à plus de 240 km/h, ainsi que sur une solidité qu'on ne lui connaissait pas dans les échanges de plus de cinq frappes, l'Américain aura écoeuré la concurrence et notamment Rafael Nadal (ATP 2) et Novak Djokovic (ATP 3). Seul Feliciano Lopez, le gaucher au tennis atypique pour un Espagnol, sera parvenu à lui prendre un set avant de finir également par mordre la poussière.

"Même si j'étais mené un set et que nous étions à 4-4 dans le deuxième, j'avais le sentiment de bien jouer, poursuivit-il. Ce n'est pas comme si je devais cravacher pour faire un point. Je n'avais pas raté une balle dans le tie-break et, pourtant, je l'avais perdu. Il l'avait trop bien joué mais j'ai découvert que lorsqu'on parvient à mettre suffisamment de pression sur quelqu'un, il finit parfois par craquer. Et c'est ce qui s'est produit. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en arrivant. J'étais même endormi le premier jour dans le Player's Lounge et les autres devaient me marcher dessus. C'est vraiment une belle surprise !"

Vainqueur de son deuxième tournoi en trois semaines, après avoir triomphé en indoor à San Jose, Andy Roddick est peut-être en train de donner, à 25 ans, un nouvel élan à sa carrière. Roi du circuit en 2003 suite à sa victoire à l'US Open, il dégageait la désagréable impression de plafonner ces derniers temps malgré les conseils avisés de Jimmy Connors, dont il vient de se séparer. À Dubai, il n'a pas perdu une seule fois son service de toute la semaine et s'est montré très inspiré du fond du court. Il restera n°6 mondial ce lundi, mais s'il parvient à maintenir cette constance, ses rivaux risquent de s'amuser prochainement...